Raccourcis

Extrait de l’allocution de Monsieur Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut, lors des vœux au personnel de l’Institut et des Académies


Le 16 Jan 2015

Institut de France

Les jours que vient de vivre et que vit encore notre pays ne peuvent que nous bouleverser, et doivent en même temps nous conforter. L’Institut et les Académies se sont associés au deuil national, le 8 janvier et le jour de leur séance, pour défendre notre idéal et notre conception de la civilisation.

Nous avons adhéré pleinement au mouvement d’unité qui nous a submergés le dimanche 11 janvier et les jours suivants et au sursaut national qu’il représente.

Il est peut-être trop tôt pour que nous ayons une vision claire des événements et des questions qu’ils soulèvent, mais le moment vient pour nous, réunis ici à cette occasion, de fixer nos esprits sur quelques points intangibles :

  • Condamner de façon absolue les actes de barbaries ; inacceptables, inexcusables.
  • Reconnaître la violence de l’onde de choc à laquelle nous sommes exposés qui ne se répand pas seulement sur notre sol, mais sur tous les réseaux planétaires, et sur les théâtres d’opérations extérieures.
  • Rendre hommage aux forces de l’ordre qui ont accompli leur mission de façon exemplaire et en même temps, aux militaires français présents sur les théâtres d’opérations où ils combattent les mêmes ennemis et meurent pour la France.
  • Défendre farouchement nos valeurs, la liberté d’expression, la liberté de pensée, la liberté de religion, la laïcité et l’état de droit, qui sont en réalité indissociables. 
  • Éviter enfin tout amalgame, quel qu’il soit, entre les différentes causes défendues.

Ces démarches nous sont en réalité naturelles. Elles soulignent à quel point les missions qui nous sont propres sont en réalité centrales dès lors que sont en jeu les valeurs essentielles : le savoir, la pensée indépendante, l’honnêteté intellectuelle, l’éducation, et, la plupart des commentateurs l’ont noté, la maîtrise de la langue française. Le français comme ciment de l’unité nationale, et comme moyen de compréhension. N’ayons pas peur de la clairvoyance, de la lucidité. Je reprendrai ici la phrase célèbre d’Albert Camus : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

Dans ces circonstances exceptionnelles, comment devons-nous réagir ? La réponse est très simple et correspond à l’attente générale de l’opinion : en restant nous-mêmes, fermement rassemblés autour de nos missions de service public. Le travail, la réflexion, l’ouverture d’esprit sont nos habitudes. J’en prendrai un exemple récent : l’Académie des sciences morales et politiques avait, depuis plusieurs mois choisi pour thème de ses travaux sur l’ensemble des séances de l’année 2015, le thème de la religion, avec des orateurs choisis pour chacune des séances et des débats menés dans l’esprit d’indépendance, de sérénité et de laïcité qui nous caractérisent.

Je citerai un autre exemple, le travail entrepris par l’Institut à l’occasion de la commémoration de la Grande Guerre : la séance de rentrée des V académies d’octobre 2014 lui a été consacrée ; un ouvrage a été publié reprenant l’ensemble des discours des rentrées solennelles qui ont eu lieu durant la durée du conflit ; ces textes, ainsi que nombre de documents sur l’histoire de l’Institut, de ses collections pour la période entre 1914 et 1919 sont disponibles sur un site internet spécifique. Toutes ces commémorations, tous ces textes sont la preuve que nous réagissons en restant nous-mêmes.

Ce qui nous définit tient en peu de mots, qui se trouvent gravés dans la loi du 18 avril 2006 et dans les décrets du 11 mai 2007 fixant la composition et les missions de l’Institut de France.

La loi de 2006 est la charte de notre indépendance, de la liberté de nos travaux, des missions qui sont les nôtres. La loi de 2006 validée par le Conseil constitutionnel, complétée par ses deux décrets d’application approuvés par le Conseil d’État, nous définit dans sa lettre, dans son équilibre, dans son esprit, dans les vérités qu’elle affirme et qui datent de deux siècles. Cette loi ne fait en effet que consacrer la tradition et souligne enfin, comme cela a été fait en 1745, en 1803, en 1816, et constamment au cours des XIXe et XXe siècles, le caractère inappréciable du concours que ce cadre institutionnel, prestigieux et pérenne permet de prêter à nos préoccupations principales qui sont la poursuite de l’excellence et l’exercice de la confraternité, toujours au bénéfice du bien commun.

N’hésitons pas à réaffirmer cette évidence. Cela a été nécessaire encore tout récemment, dans notre réponse à la Cour des Comptes qui avait dans un premier temps passé un peu vite sur les missions de l’Institut.

Nous devons nous rassembler autour de ces textes et pas seulement nous en servir. De leurs dispositions découle très directement un devoir de solidarité qui nous lie et dont nous sommes bien conscients. La solidarité est au surplus une règle de sagesse. L’union fait la force. Lorsque nous avons à expliquer ce que nous sommes, et à défendre ce que nous faisons, nous observons et nous exprimons une solidarité active et agissante.

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