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La roseraie


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Chaalis offre au visiteur une roseraie d'une rare splendeur, et unique en son genre par sa conception.
Chaque année, lors du deuxième week-end de juin, y ont lieu les Journées de la Rose (consulter le mini-site).

sommaireHistorique

Située au cœur du domaine de Chaalis, à proximité du château et derrière la chapelle, jardin clos mystérieux que protège le majestueux mur crénelé construit par Sebastiano Serlio au XVIe siècle, la roseraie constitua dès sa conception un lieu d’agrément mais également un espace propice à la détente, à la méditation, à la contemplation...

Nélie Jacquemart-André, comme d’autres esthètes du début du XXe siècle, vouait une passion fervente aux jardins, autant pour leur charme que pour leur intérêt botanique et symbolique. Elle apporta une attention toute particulière à la création de sa roseraie.
Réalisé selon un dessin classique de potager avec son bassin central, le jardin était composé de quatre carrés délimités par des allées se croisant au niveau d’une élégante vasque italienne du XVe siècle, en marbre rose.

Afin de lui rendre son faste de naguère, la roseraie a fait l’objet d’un important travail de reconstitution : analyse des sols, apport de terre nouvelle, choix des fleurs, conception originale des éléments décoratifs (arceaux, colonnes, cartels pour les végétaux…).

Ce jardin de roses, conçu et réalisé par André Gamard, jardinier-paysagiste, est redevenu, depuis juin 2000, un lieu privilégié.

sommaireSituation et tracé

La roseraie, disposée dans l’axe est-ouest du domaine, à l’extrémité de l’allée qui part de l’entrée de la propriété, en laissant le château sur la gauche, les ruines de l’abbaye du XIIe siècle et la chapelle du XIIIe siècle sur la droite, est enclose derrière le mur crénelé Renaissance (voir plan ci-contre).

Un axe est-ouest, issu du château, la traverse et coupe une allée perpendiculaire, délimitant ainsi quatre carrés de pelouse bordés de plates-bandes. À l’intersection de ces deux allées, la vasque d’époque Renaissance acquise par Nélie Jacquemart-André a retrouvé son emplacement initial. D’autres allées longent l’extérieur des carrés de pelouse.
Cet axe est-ouest est doublé au nord par deux autres allées : l’une est couverte d’arceaux, l’autre court en lisière de forêt et en bordure d’une pelouse maintenue dégagée à dessein pour créer un sentiment de calme et d’espace.
Un demi-cercle clos d’une haie de thuyas se greffe à l’est sur cet ensemble de carrés.

Sur le côté sud, des bancs de pierre ont été placés à l’ombre d’un mur, ce qui les rend agréables l’été aux heures de forte chaleur. D’autres bancs, en bois, plus confortables, permettent aux visiteurs de s’attarder dans le jardin. L’un d’eux est abrité sous une tonnelle de roses.

Le côté ouest est délimité par le mur de la Renaissance au milieu duquel s’ouvre la porte monumentale par laquelle on accède à la roseraie depuis le parc, après avoir laissé la chapelle sur la droite. L’ensemble couvre une surface d’environ 3 500 m2, avec un réseau d’allées de 850 mètres.

Il est organisé en rythme alterné de structures horizontales, avec les plates-bandes de rosiers, et de structures verticales constituées d’un grand nombre d’arceaux et d’une cinquantaine de colonnes hautes dont les lignes répondent aux fûts des arbres du parc environnant.

sommaireLes rosiers

Afin de maintenir la simplicité d’effet doublement imposée par le cadre de l’abbaye et par le tracé rigoureux de la roseraie, il a été décidé de privilégier les roses à fleurs simples d’églantier contrastant avec des roses aux formes anciennes en coupe et en quartier et d’utiliser des variétés anciennes à floraison unique, car même si la roseraie doit offrir un intérêt permanent tout au long de la saison, il convient que juin soit marqué par une explosion de roses, comme la nature l’a prévu.

En revanche, les rosiers qui servent de thème dans les allées ont été choisis pour leur floraison continue. Ces rosiers, bien que modernes, ont tous des fleurs de caractère ancien : couleur à la fois franche et délicate, fleurs en coupe ou en calice garnies de nombreux pétales, bien pleines et si propices aux jeux de lumière.

Les colonnes sont habillées de rosiers sarmenteux dont l’élan et la vitalité produisent une agréable impression de mouvement. La plupart sont des hybrides du début du siècle. Les arceaux sont habillés d’espèces sarmenteuses à floraison continue.

Les rosiers ont été sélectionnés avant tout selon des critères de rusticité : pas de rosiers thé, trop frileux, mais quelques rosiers noisette, résistant bien aux maladies et choisis pour leurs fleurs en bouquets qui retombent avec grâce au niveau des yeux du promeneur afin de lui donner l’impression de parcourir un tunnel de fleurs.

Le nombre de rosiers est limité à dessein à moins de cent variétés organisées selon un rythme de trois à quatre variétés par allée. Mis en valeur, le rosier n’est pas traité comme une simple plante à massif. Les variétés, regroupées par harmonies de couleur, sont plantées en répétition dans les plates-bandes de part et d’autre de l’allée. La symétrie est simplement suggérée par cet équilibre dans la répétition, équilibre qui s’apprécie au gré de la promenade.

sommaireLes couleurs

Le vert est la couleur prédominante de l’espace protégé qu’est la roseraie. Il offre de riches camaïeux allant du vert doré des buis, qui réfléchissent la lumière sur leurs feuilles cireuses, au vert sourd du sous-bois, en passant par le vert tendre des pelouses, le vert gris-bleuté des sauges, le vert chartreuse des armoises. Mais bien d’autres nuances encore se révèleront au visiteur qui se plaira à en observer le détail.
Chaque fleur a sa couleur de prédilection, dont la nature a pris soin de jouer avec d’infinies subtilités. La rose appelle les tons doux qui s’échelonnent du rose carné très pâle au pourpre foncé, ce qui n’exclut nullement des pointes de tons vifs ; mais elle s’accommode mal du rouge orangé criard ou du rose fluo. Le blanc, qui est la couleur qui se voit le mieux, équilibre les compositions en liant entre elles les couleurs; il apporte le raffinement. Plutôt que de rechercher des ambiances pastel, toujours un peu fades et qui finissent par lasser, on a retenu quelques tons vifs tempérés par des pointes de blanc et égayés de taches de jaune. Le bleu, apporté par les vivaces, renforce les harmonies de rose. C’est une couleur très souple qui peut être traitée soit de manière chaude (indigo et violet), soit de manière froide (bleu électrique).

Les couleurs se succèdent au gré de la promenade selon les principes de la célèbre coloriste anglaise Gertrud Jekyll : le tableau est abordé par des couleurs douces qui progressivement saturent l’œil (le bleu, le gris, le rose pâle); on crée ainsi une tension qui pousse l’œil à rechercher avidement des teintes vives (jaune clair, rose Bengale) et des couleurs chaudes (la plate-bande des jaunes chauds ne s’aborde pas d’emblée).

À quelques exceptions près, tous les rosiers sont parfumés. La palette des parfums est infiniment plus variée que celle des coloris. La roseraie, fermée sur ses quatre côtés, retient dans ses murs le mélange complexe des différents parfums qui s’exhalent des fleurs. La sensation est particulièrement frappante quand, à certaines heures, venant du parc, on franchit le seuil de cet enclos.

sommaireAutres fleurs associées

sommaireLes vivaces associées

C’est le lieu, le genius loci, qui a donné le ton : la chapelle, les ruines de l’abbaye, tout cela imposait une grande sobriété et écartait sans merci toute composition qui évoquât un cottage fleuri ou un jardin de curé, d’où le choix de ne retenir que des vivaces à très petites fleurs, des clématites herbacées ou à fleurs simples, des violettes parfumées ou des vivaces aux fleurs fines disposées en épis. Une seule vivace à larges fleurs a été conservée, Achillea credo, dont les larges ombelles jaune soufre apportent un contrepoint vif au rose pâle des rosiers Lavender Lassie. Des graminées, des pavots blancs et des pivoines officinales complètent cet ensemble qui anime la roseraie avant l’apparition des premières roses.

sommaireLes vivaces à feuillage remarquable

Ce sont elles qui ont contribué le plus utilement à l’harmonie des compositions.
Les rosiers ont en effet le plus souvent un feuillage peu intéressant, si on excepte les hybrides de Rosa Rugosa (Roseraie de l’Haÿ) au beau feuillage gaufré et brillant, et quelques sarmenteux (City of York). Il était donc naturel d’y adjoindre des plantes au feuillage intéressant et de rechercher des contrastes de forme et de texture parmi ces feuillages dont la couleur verte sert d’écrin aux rosiers.

Plusieurs oppositions ont été exploitées entre feuilles larges et feuilles découpées, feuilles élancées et feuilles rondes, feuilles duveteuses et feuilles piquantes, feuilles pourpres et feuilles grises, feuilles cireuses du buis qui réfléchissent la lumière et feuilles mates de la sauge officinale. Toutes ces vivaces à feuillage renforcent l’intérêt des rosiers.

De plus, beaucoup de plantes aromatiques ont été utilisées, notamment des variétés de sauges et d’armoises dont la connotation « jardin de simples médiéval » s’accorde bien avec l’esprit du lieu. Ce sont, en outre, de précieux auxiliaires pour repousser les insectes nuisibles aux rosiers.

sommaireLes clématites

L’association du rosier et de la clématite est une des plus classiques et des plus réussies.
Le choix s’est porté sur des clématites herbacées, excellent couvre-sol au pied des rosiers et qui se rabattent chaque année au niveau du sol, et sur des clématites à larges fleurs simples non nervurées, aux étamines bien proéminentes et au coloris lumineux. Les floraisons de mai précèdent de peu l’éclosion des roses et sont utiles en ce sens pour allonger la période fleurie.

Un choix de clématites variées, à floraison d’été, a enrichi la composition du tunnel de roses afin d’agrémenter la promenade du visiteur.

Abbaye royale de Chaalis
60300 Fontaine-Chaalis
03 44 54 04 02
www.journees-de-la-rose.com

www.chaalis.fr