Il y a 850 ans, en 1163, le pape Alexandre III posait en présence du roi Louis VII la première pierre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Édifice et symbole de pierre, Notre-Dame fut aussi une cathédrale de livres. Il s’en trouvait au chœur, dans les sacristies, au trésor, dans la "librairie" du chapitre et les maisons des chanoines. La bibliothèque capitulaire, surtout, dont on peut suivre la lente formation à partir du 13e siècle, constitue à la fin de l’Ancien Régime une remarquable collection, évidemment riche dans les domaines religieux, mais aussi largement ouverte aux sciences, aux livres de voyage, à la littérature et à l’histoire profanes. Elle a en effet accueilli des livres provenant d’autres sanctuaires (abbaye de Saint-Denis, collégiale Saint-Germain l’Auxerrois...), et de nombreux dons effectués par évêques et chanoines, princes ou savants. Si quelque trois cents manuscrits furent vendus au roi en 1756, elle comprenait à la Révolution environ 12 000 volumes, dont une part importante rejoint alors la Bibliothèque Mazarine.
L’exposition réunit des manuscrits, souvent richement enluminés, et un ensemble de livres rares qui témoignent de nombreux aspects de l’activité de Notre-Dame du Moyen-Âge à la Révolution : commande de luxueux missels par les grands évêques des 14e et 15e siècles ; implication des évêques et chanoines de Paris dans les conflits de la Guerre de Cent ans ; réformes du culte et évolution du chant ; affirmation du gallicanisme à l’époque moderne ; enseignement ; relations de la cathédrale avec le royaume de France.
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