Raccourcis

Cabinet des dessins


Le cabinet des Dessins de Chantilly est un des plus riches de France. Il a été constitué par Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), fils du roi Louis-Philippe, qui l’a légué en 1884, avec le château de Chantilly, à l’Institut de France, à charge pour celui-ci d’ouvrir au public le musée Condé et de ne pas en prêter les collections.

Le noyau initial des collections est constitué par la collection de Frédéric Reiset, conservateur des dessins puis des peintures du Louvre, qui devint directeur des musées nationaux, et vendit en 1861 au duc d’Aumale, par l’intermédiaire du sculpteur Henri de Triqueti, sa collection de 380 dessins, dont des chefs-d’œuvre de Raphaël, de Michel-Ange, du Parmesan, de Primatice, de Dürer, de Rubens, de Van Dyck, de Nicolas Poussin, de Claude Lorrain, de Watteau, etc. Au total, le nombre des dessins de Poussin dépassait la centaine (dont trente-trois aujourd’hui reconnus comme étant de la main de l’artiste).

Ce fonds fut vite enrichi par des acquisitions diverses : en 1862, Triqueti obtint d’un amateur parisien, Thibaut, le dessin dit de la Joconde nue attribué à Léonard de Vinci, que le propriétaire comptait donner au British Museum, et que le duc fit ainsi rentrer en France. En 1866, le duc d’Aumale acquit, par l’intermédiaire de Durand-Ruel, un lot de dessins et d’aquarelles de Decamps, de Marilhat, de Pils, et l’amusant Enterrement de Polichinelle, de Charlet. En 1868, ce fut la collection du marquis Maison, qui comprenait de superbes dessins de Watteau, de Greuze, de Prud’hon.

Un ensemble prestigieux est constitué par les fameux « Clouet de Chantilly », 363 portraits du XVIe siècle aux trois crayons, représentant François Ier, Catherine de Médicis, Henri II et leurs enfants, etc. Tous ne sont pas de Jean ou de François Clouet, mais proviennent de leur école. François Ier, puis Catherine de Médicis en constituèrent des collections. Les Clouet de Chantilly ont été acquis en plusieurs étapes : six le furent aux enchères en 1857, à la vente Utterson ; quelques isolés furent achetés au hasard des recherches. En 1876, vingt-sept crayons français de la Renaissance entraient dans la collection du prince, avec la collection du duc de Sutherland, qui provenait d’Alexandre Lenoir, le fondateur du musée des Monuments français sous la Révolution. En 1890, enfin, le duc d’Aumale acheta 311 portraits français du XVIe siècle au comte de Carlisle, qui les conservait dans sa propriété de Castle Howard (Yorkshire). Ce fonds provient de la collection de Catherine de Médicis, qui légua ses 541 portraits à sa petite-fille, Chrétienne de Lorraine, épouse de Ferdinand de Médicis, et recèle des légendes manuscrites de la reine ou de ses secrétaires.

Le duc d’Aumale acquit également 484 portraits à l’aquarelle peints par Louis Carrogis, dit Carmontelle (XVIIIe siècle). Ce lecteur du duc de Chartres nous a en effet laissé une vision exacte d’un grand nombre de personnages de la société française du siècle des Lumières. On y voit Mozart enfant jouant à Paris avec son père et sa sœur, le prince de Condé, possesseur de Chantilly, la famille d’Orléans, bien sûr, ou des savants comme Buffon.

En 1880, le duc d’Aumale acheta 600 dessins de Raffet au fils de l’artiste ; il y retrouvait avec joie les figures de ses camarades de l’armée d’Afrique.

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