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Histoire et architecture


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sommaireLes propriétaires successifs

De 1386 à 1897, le domaine est passé par héritage, sans jamais être vendu, à différentes branches d’une même famille.

Après les Orgemont (XIVe-XVe siècle), les Montmorencys (XVe-XVIIe siècle), une des plus puissantes familles du royaume, contribuèrent beaucoup au développement du domaine, notamment au temps du connétable Anne (1493-1567), familier des rois François Ier et Henri II, qui fit construire le petit château par Jean Bullant.

Vinrent ensuite les Bourbons-Condés (XVIIe-XIXe siècle), cousins des rois de France. Le plus célèbre, le Grand Condé, fit dessiner le parc par André Le Nôtre. Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), fils du roi Louis-Philippe, hérita Chantilly de son grand-oncle, le prince de Condé, à l’âge de huit ans, en 1830. Il fit reconstruire le grand château, rasé après la Révolution, pour y installer ses collections de livres, de peintures, de dessins, d’objets d’art, etc.

En 1884, le duc d’Aumale, resté sans héritier, légua son domaine de Chantilly à l’Institut de France, qui ouvrit le musée Condé au public le 17 avril 1898, moins d’un an après la mort du duc.

sommaireMoyen Âge

Il ne reste de l’ancienne forteresse médiévale des Orgemont que la base des sept tours, baignant dans les douves. En 1484, Pierre d’Orgemont, sans enfant, lègue Chantilly à son neveu Guillaume de Montmorency.

sommaireRenaissance

Les Montmorencys à Chantilly (1484-1632)
Le connétable Anne de Montmorency (1493-1567), compagnon d’armes de François Ier à Marignan, joue un rôle politique éminent sous François Ier et Henri II, qui séjournent souvent à Chantilly. Il fait rénover le château médiéval par l’architecte Pierre Chambiges. Vers 1560, il confie à Jean Bullant, déjà architecte de son château d’Écouen, la construction de la capitainerie ou petit château, partie la plus ancienne de Chantilly.

Anne de Montmorency fait aussi aménager la terrasse où se dresse aujourd’hui sa statue équestre par Paul Dubois (1886) et construire sept chapelles dont trois subsistent. Chantilly conserve différents objets d’art venus d’Écouen, dont quarante-quatre vitraux en grisaille représentant les amours de Psyché et de Cupidon (1542-1544). Petit-fils du connétable, Henri II de Montmorency (1595-1632) construit dans le parc la maison de Sylvie. Il se révolte contre le roi Louis XIII, qui le fait décapiter à Toulouse en 1632, avant de confisquer Chantilly.

sommaireLes Condés

sommaireEn 1643 à 1830

En 1643, Chantilly est rendu aux Condés. Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686), dit le Grand Condé, transforme le domaine en faisant dessiner le parc par André Le Nôtre, le futur jardinier de Versailles. Le Nôtre canalise la Nonette pour créer le Grand Canal (1671-73), dessine les parterres français au nord du château, fait construire par Daniel Gittard le Grand Degré, et crée la perspective actuelle allant de la grille d’honneur à la terrasse.

Le Grand Condé fait de Chantilly un lieu de fêtes et un cercle littéraire où voisinent La Fontaine, La Bruyère, Bossuet, évêque de Meaux, qui écrira l’oraison funèbre du Grand Condé, Mme de La Fayette, Mme de Sévigné. En leur honneur, les deux allées parallèles, qui encadrent les parterres de Le Nôtre, prennent le nom « d’allées des Philosophes ». Molière joue Tartuffe à Chantilly. Le Grand Condé donne des bals et des feux d’artifice dans ce site enchanteur.

sommaireLe XVIIIe siècle

Le fils du Grand Condé, le prince Henry-Jules (1643-1709), fait transformer par Jules-Hardouin Mansart le Grand Château, dont les travaux sont achevés par Jean Aubert. Louis-Henri, prince de Bourbon-Condé (1692-1740), Premier ministre de Louis XV de 1723 à 1726, fait bâtir par Jean Aubert les Grandes Écuries, chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, décore les appartements du Petit Château, crée la manufacture de porcelaine de Chantilly, fait aménager un cabinet d’histoire naturelle. Pour décorer les appartements, il fait appel aux peintres Desportes, Huet, Nattier, Oudry.

Son fils, Louis-Joseph, prince de Condé (1736-1818), édifie le Jeu de paume en 1756 et fait construire par Jean-François Leroy, de 1769 à 1772, le château d’Enghien, long bâtiment classique situé à droite de la grille d’honneur. En 1774, il fait dessiner le jardin anglo-chinois et construire le Hameau, groupe de cinq maisons rustiques qui inspira le Hameau de la reine Marie-Antoinette à Trianon. Hostile aux idées du siècle des Lumières, il émigre dès la prise de la Bastille et forme en 1792 l’armée d’émigration, dite armée de Condé.

sommaireLa révolution

Les collections de Chantilly sont saisies comme biens d’émigrés et transportées au Louvre. Le château sert de prison. En 1799, les bâtiments sont vendus à des démolisseurs, qui rasent le Grand Château jusqu’à la terrasse ; le parc est ravagé.

sommaireLa restauration

Après 1815, le prince Louis-Joseph rentre en France et fait restaurer les appartements. Il obtient la restitution d’une partie des collections restées au Louvre. Il fait dessiner le jardin anglais par l’architecte Victor Dubois en 1817 et combler le fossé séparant les deux châteaux.

sommaireLe duc d'Aumale

Son fils, Louis-Henri-Joseph, duc de Bourbon (1756-1830), resté sans héritier depuis l’exécution de son propre fils, le duc d’Enghien, dans les fossés de Vincennes, en 1804, lègue ses biens en 1830 à son petit-neveu et filleul, alors âgé de huit ans : Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), cinquième fils du roi Louis-Philippe. Militaire, le duc d’Aumale fait ses premières armes dès 1840 en Algérie, s’illustre en mai 1843 lors de la prise de la Smalah d’Abdel-Kader, et devient gouverneur général de l’Algérie. Sous la monarchie de Juillet (1830-1848), il fait décorer ses appartements privés par Eugène Lami, élever par l’architecte Duban une galerie de bois pour les desservir, et projette de reconstruire le Grand Château. Mais il doit quitter la France après la révolution de 1848. Exilé de 1848 à 1870 à Twickenham, près de Londres, il réunit les collections qui se trouvent maintenant à Chantilly. C’est pour les y présenter qu’à son retour, après 1871, veuf et ayant perdu ses deux fils respectivement à l’âge de dix-huit et vingt et un ans, il fait reconstruire le Grand Château par l’architecte Honoré Daumet, de 1875 à 1885.

Le duc d’Aumale a légué Chantilly en 1884 à l’Institut de France, dont il est membre depuis 1871, l’Institut ayant la charge après sa mort d’ouvrir le musée Condé au public, de préserver la disposition des lieux et de ne pas prêter les collections.

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