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La Coupole


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sommaireLa chapelle / Coupole, point d'orgue du projet de Le Vau

Fondé par un ecclésiastique, le collège des Quatre-Nations est au XVIIe siècle une institution d’avant-garde.

Depuis 1657, Mazarin pensait à un "grand dessin" de bâtiment. Ce qu’on avait pris pour un projet d’agrandissement du Louvre était en réalité un projet de collège et d’académie. Le site de l’ancienne Tour de Nesle était retenu, face au Louvre, offrant ainsi à ce dernier le plus beau des vis-à-vis.

Le projet, difficile compte tenu de la forme de la parcelle, présentait une façade circulaire marquée par deux pavillons, dont l’un destiné à accueillir la bibliothèque de Mazarin.
Au centre la chapelle du collège, qui devait accueillir le tombeau du Cardinal, derrière, les cours avec les salles de classes et les logements.

Le Vau, grand architecte de son temps, qui avait été chargé du projet d’achèvement du Louvre et à qui avait été confiée la réalisation de Vaux-le-Vicomte et de Versailles, ne connaîtra pas la fin du chantier, notamment la décoration.

La pureté de ses esquisses, le classicisme de ses formes, l’équilibre de ses proportions font de cet édifice l’un des plus beaux de Paris, joignant son reflet à celui du Louvre dans les flots de la Seine.

Ouvert en 1688, le collège ne semble pas avoir subi de transformations avant la Révolution. Il fonctionna près de 100 ans, accueillant des élèves illustres comme d’Alembert ou Lavoisier. En 1790 les établissements ecclésiastiques d’éducation furent supprimés et le collège fut transformé en prison, retenant David ou Guillotin, avant de servir de grenier à grains.

Louis Le Vau au collège Mazarin : Rome à Paris (discours de Jean-Pierre Babelon, membre de l'Institut. (format pdf)

sommaireL'installation des Académies dans le Palais et les travaux de Vaudoyer

Réception d'Ernest Renan à l'Académie française (3 avril 1879), Henri BrispotEn 1795,  l’Institut de France est créé, regroupant les Académies qui alors siègent encore au Louvre.

En 1801, le Premier consul décida de loger tous les grands corps de l’État dans des bâtiments dignes de leur mission et suffisamment fonctionnels pour garantir l’exercice de leurs fonctions. La décision prise par Napoléon en 1805 d’installer les académies dans l’ancien collège des Quatre-Nations est un geste fort et fédérateur.

Un souci pratique et la quête d’un surcroît d’espace utile fait immédiatement imaginer à l’architecte Vaudoyer des dispositions ne rappelant en rien le cadre primitif de la chapelle, qu’il transforme et dénature pour y permettre la tenue des séances solennelles : sous-coupole, galerie en étage…

Dès 1806, des doléances sont exprimées mais les séances solennelles des cinq académies continuent de s’y tenir pendant 150 ans.

sommaireLes travaux de restauration et les projets d'extension

La Coupole avant transformationÀ partir de la Seconde guerre mondiale, des besoins de restauration se montrent de plus en plus pressants.

En 1944, l’architecte en chef des Bâtiments civils André Gutton expose un premier projet de restauration de la Coupole qui prévoit l’édification d’un bâtiment plus fonctionnel, à l’extérieur du Palais.  D’une capacité de 1200 à 1500 places, ce nouvel édifice devait venir  se greffer à l’arrière de la Coupole, en empiétant sur l’actuel square Gabriel Pierné, et transformer en vestibule l’ancienne chapelle de Le Vau, rétablie dans ses dispositions d’origine.

Un budget pharaonique et l’opposition des académiciens à l’idée de ne plus tenir les séances solennelles sous la Coupole mettent rapidement un terme à ce premier projet, qui est abandonné.

Gutton ne s’en remet pas moins à l’ouvrage.  Au cours du débat qui s’ensuit, les académiciens confirment leur hostilité  à ne plus voir l’ancienne chapelle consacrée aux séances solennelles, au nom de la tradition.

En 1956, l’Académie française avait émis le vœu suivant :

Informée des projets de réfection et de réparation de la coupole de l’Institut, l’Académie française, à l’unanimité […] demande que ces travaux soient conduits de telle sorte que, sans préjudice des mesures de sécurité nécessaires, les séances solennelles de l’Institut continuent à se dérouler sous la même coupole, conformément à une tradition séculaire.

Réunies en séance le 18 novembre 1958, les cinq Académies adoptent cette motion :

Les membres de l’Institut de France, réunis en assemblée générale, expriment le vœu de pouvoir continuer à tenir leurs séances solennelles sous la Coupole. L’édification d’une nouvelle salle sur le square voisin ne saurait remplacer un lieu séculaire qui a pour lui l’attrait du symbole, la force et la poésie de la tradition.

Le Palais de l'Institut / Photo : Gérard Blot / RMNLe 10 mars 1959, un crédit de 140 millions de francs est débloqué pour un  nouveau projet, soutenu par le nouveau secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts Louis Hautecoeur, proposant un retour à l’état originel de la Coupole en supprimant les ajouts de Vaudoyer.

Le retour à l’état originel était la transformation la plus lourde de sens. Ce pari architectural, qui devait en même temps porter remède à l’instabilité des structures, résultait d’un siècle de lutte contre les projets haussmanniens et du lien symbolique tissé entre les cinq Académies et le Palais de l’Institut.

Mon but, en vérité était triple. Premièrement, répondre aux besoins de l’affectataire des bâtiments pour son avenir, deuxièmement, rénover la chapelle car j’avais la conviction de son extrême beauté. Enfin,  troisièmement, protéger à jamais l’ensemble des bâtiments qui, à cette date, étaient condamnés par le plan Haussmann

(le projet de prolongation de la rue de Rennes jusqu’à la Seine était encore d’actualité, vouant une grande partie du Palais à la démolition),
André Gutton.

Ainsi le nouveau projet proposait-il un aménagement à la fois utilitaire et respectueux des traditions, inséré dans l’architecture recouvrée de Le Vau. En outre, la chapelle était mieux adaptée à sa nouvelle vocation. Les équipements modernes prenaient place au-dessous du niveau du parvis, d’où s’élance l’ordre colossal établi par l’architecte de Versailles.

 Nombreux sont les maîtres d’ouvrages qui pensent qu’un monument inscrit dans la tradition peut répondre à leurs désirs esthétiques. Ils ignorent trop souvent le respect que l’on doit à une œuvre architecturale.

L’architecture d’un édifice répond à un programme. Elle est de son temps, tant que le programme est vivant, l’architecture est maintenue et entretenue. Si le programme change, l’édifice est adapté à sa nouvelle convenance. Son caractère architectural est maintenu. Si pour répondre à un nouveau programme, de nouveaux bâtiments deviennent nécessaires, avec tact et sensibilité leur architecture s’inscrira dans l’ensemble architectural existant. Il en a été ainsi pendant deux siècles pour l’architecture du Collège des Quatre-Nations devenu Institut de France.

André Gutton

Les travaux sont achevés en 1962. En 1995, le réaménagement du parvis  a permis de compléter ce programme de restauration, en rendant à  la façade sa beauté initiale.

 

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