Raccourcis

L'hôtel du boulevard Haussmann


Sommaire

C’est en 1868 qu'Édouard André décide de s’installer dans le quartier de la plaine Monceau, où la  "gentry" impériale réside aux côtés des banquiers Rothschild et Péreire et de la princesse Mathilde. Il charge l’architecte Parent de lui bâtir un hôtel particulier, digne des plus grands. La construction s’inspire des modèles de l’architecture civile du XVIIIe siècle, mais s’en distingue par un sens de l’apparat et de la mise en scène qui n’a pas d’équivalent. La façade de l’hôtel, qui donne sur le boulevard, est élevée en retrait, sur un terrassement.

On y entre par une rampe en sous-sol qui monte vers une cour située derrière le bâtiment. À l’intérieur, la plus grande partie de l’espace est affectée à des salons de réception que des cloisons mobiles peuvent moduler en fonction du nombre des invités. Le goût théâtral du maître d'ouvrage et de son architecte trouve son plein épanouissement dans le jardin d’hiver et l’escalier d’honneur, qui sont rejetés au bout des grands appartements, dernier et magistral élément du décor.

L’inauguration de l’hôtel est un évènement : les invités découvrent la rampe à double révolution de l’escalier, son équilibre improbable et la somptuosité des matériaux qui le composent. Ils saluent ce monument comme ils ont salué le foyer de l’Opéra que vient de construire Charles Garnier.

La guerre franco-allemande et la défaite de Sedan ayant entraîné en 1870 la chute de l'Empire, Édouard André, bon patriote, reste à Paris et s’engage dans la Garde nationale pour défendre la capitale. À la signature de l’armistice, il négocie avec les Rothschild la contribution que la France doit verser à Bismarck et, malgré l'importance de la somme exigée, parvient à la réunir en peu de temps. Déçu par la désunion qui règne alors au sein des partis conservateurs, il rompt avec la vie publique pour se consacrer aux beaux-arts. Son hôtel, destiné à l’origine à servir son rang dans la vie mondaine du Second Empire, va bientôt trouver une nouvelle affectation.

sommaireL'Union centrale des arts décoratifs

L’année 1872 est décisive : Édouard André rachète la Gazette des Beaux-Arts et devient président de l’Union centrale des arts décoratifs (UCAD). Libre de son temps, disposant de moyens illimités et d’une maison qui n’est pas encore aménagée, il entreprend une nouvelle aventure, celle de faire revivre dans son hôtel particulier les fastes d’une époque alors méprisée, le XVIIIe siècle.

Si le siècle de Watteau est désormais représenté chez lui, Édouard André ne veut pas pour autant constituer une galerie conventionnelle ; il adopte le point de vue plus original de l’UCAD : le rassemblement des arts où peintures, sculptures, mobiliers et objets d’art sont étroitement associés.

sommaireChefs-d'œuvre du "musée italien"

Peu à peu, le rôle que joue Nélie Jacquemart devient essentiel : c’est elle qui aménage l’étage supérieur, demeuré vide, et oriente les acquisitions vers l’art italien.

Elle avait reçu en cadeau de mariage la partie centrale du bâtiment, qu’Édouard avait, à son insu, fait transformer en atelier ; mais, refusant de l’occuper, elle pense déjà à y exposer les collections de la Renaissance italienne, qu’ils acquièrent ensemble au cours de fréquents voyages dans la péninsule.

Consultant les conservateurs du monde entier, ils privilégient alors le XVe siècle, époque redécouverte depuis peu. Chaque année, des centaines d’objets parviennent ainsi à Paris et sont déposés chez eux.

Cependant, acheter des œuvres d’art ne leur suffit pas, ils cherchent aussi à concevoir un espace approprié pour les mettre en valeur. Une dizaine d’années leur seront nécessaires pour sélectionner dans leurs achats ce qu’il y a de plus beau et concrétiser ainsi ce projet. À partir de 1892, ils organisent donc le "Musée italien".

Après la mort d’Édouard André (1894), Nélie poursuivra la tâche commencée avec lui. Ainsi, deux salles de peintures et une salle de sculptures réunissent peu à peu tout ce que l’Italie a produit de plus étonnant. Les peintures vénitiennes, particulièrement chères à Édouard, sont accrochées en premier, puis une série de panneaux florentins. Enfin, les multiples inventions des sculpteurs, depuis la plaque de bronze jusqu’à l’art monumental, viennent composer une étonnante symphonie plastique.

Musée Jacquemart-André
158 boulevard Haussmann - 75008 Paris
Accueil : +33.1.45.62.11.59
Fax : +33.1.45.62.16.36
Email : message@musee-jacquemart-andre.com
Pour les réservations groupes : +33.1.45.62.39.94
Fax : +33.1.45.62.16.35
groupes@musee-jacquemart-andre.com

Pour la location de salles : +33.1.45.62.16.40
Fax : +33.1.45.62.16.35
receptions@musee-jacquemart-andre.com

www.musee-jacquemart-andre.com