Raccourcis

L'académie française


Vous êtes ici
Sommaire

Le cardinal de Richelieu d'après Philippe de ChampaigneSi la fondation de l’Académie française par Richelieu en 1635 marque une date importante dans l’histoire de la culture française, c’est parce que, pour la première fois, les débats d’une assemblée de lettrés ont été considérés comme pouvant jouer un rôle éminent dans le devenir de la société et de la Nation. Ainsi des statuts et règlements visés par le Cardinal, puis l’enregistrement au Parlement de Paris, en juillet 1637, des Lettres patentes signées par Louis XIII, consacrèrent-ils le caractère officiel d’une institution parisienne dont le cardinal de Richelieu était nommé "le chef et le protecteur" (fonction exercée aujourd’hui par le chef de l’État), et dont la mission revêtait un caractère expressément national.

Les statuts de l’Académie française ont cette particularité qu’ils lient l’autorité de la Compagnie et de ses membres au magistère intellectuel qu’ils leur confèrent et qui aura à s’exercer sur la langue.

La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences (article XXIV).

À cet effet, "il sera composé un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique" (article XXVI), et des règles seront édictées pour l’orthographe (article XLIV).

sommaireUne mission originale

Sceau et contre-sceau de l'Académie françaiseComposée de gens de lettres mais aussi de représentants lettrés de différentes professions et de divers états, l’Académie avait reçu une mission dont on mesure mieux aujourd’hui la profonde originalité : constituer avec sagesse et économie une langue qui ne fût pas celle des spécialistes, des érudits, ni celle des corporations, qui eût la clarté et l’élégance qu’on accorde au latin, où ne fût pas accentué l’écart entre langue écrite et langue parlée, qui tînt enfin sa force de son double attachement à l’usage et à la norme.

Tel est le programme que s’était efforcée de réaliser l’Académie dans la première édition de son Dictionnaire (1694). Son but était d’informer sur la nature grammaticale des mots, leur orthographe, leurs significations et acceptions, leurs usages syntaxiques, leurs domaines d’emploi, le niveau de langue qui en détermine lui aussi l’emploi.

Trois siècles après la publication de cette première édition, l’Académie n’a guère varié sur les principes. Si la notion d’usage repose aujourd’hui sur des bases plus larges qu’au XVIIe siècle, le respect du bon usage s’impose plus que jamais. En cela, l’Académie est fidèle à elle-même. Le premier volume de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie (A à Enzyme) a été publié en novembre 1992 par l’Imprimerie nationale, puis aux éditions Julliard (1994). Le deuxième volume (Éocène à Mappemonde) est paru en novembre 2000 à l’Imprimerie nationale, en coédition avec les Éditions Fayard et le troisième (de Maquereau à Quotité) en 2011. En même temps, l’Académie fait paraître ses travaux, à mesure de leur avancement, dans les documents administratifs du Journal officiel.

L’Académie s’était réunie d’abord chez tel ou tel de ses membres ; elle fut accueillie en 1643 chez le chancelier Séguier, puis, en 1672, installée au Louvre par Colbert. Elle se transporta enfin dans l’ancien collège des Quatre-Nations à la suite du décret du 20 mars 1805, qui attribuait ce palais aux trois classes de l’Institut de France.

L’évolution de la société et celle de la République des lettres permirent à l’Académie du XIXe siècle de s’ouvrir aux représentants de genres qui n’y avaient pas encore assez trouvé leur place, comme le roman, et de réunir, outre les grands romantiques sacrés et consacrés (Chateaubriand, Lamartine, Hugo, Vigny, Musset ou Nodier), des hommes politiques et des hommes d’Église, des journalistes, des critiques et des universitaires, des dramaturges, des poètes, des historiens et des savants.

sommaireUn prestigieux mécénat

L’Académie a su d’autre part développer au cours des siècles une mission de mécénat, rendue possible par l’administration des dons et legs qui lui ont été consentis et grâce auxquels elle décerne chaque année environ quatre-vingts prix, parmi lesquels les grands prix de Littérature, du Roman, du Théâtre, de Poésie, d’Histoire, de Philosophie, le grand prix Paul Morand, les prix de l’Essai, de la Critique, de la Biographie, de la Nouvelle, du Rayonnement de la langue française et, depuis 1986, le grand prix de la Francophonie. Ont été créés, en 1998, le prix Jacques de Fouchier et le prix de la latinité. Ce dernier est décerné conjointement avec l’Académie brésilienne des lettres.

Tant pour ce qui concerne la langue que pour l’ensemble des liens qui unissent la communauté francophone, l’Académie entend affirmer, en chaque circonstance, son intérêt et sa présence auprès des institutions francophones.

Comme l’écrivait Paul Valéry en 1935,

seule, l’Académie française [...] ne se réduit pas dans l’opinion universelle à une société qui compose un dictionnaire et qui honore chaque année les mérites qu’elle distingue.

Peut-être le "mystère" qu’évoquait Paul Valéry pour caractériser l’Académie française réside-t-il dans l’aptitude de celle-ci à transcender toute spécialité dans une visée d’universel, et à rassembler sous le beau nom de Compagnie les manifestations les plus diverses et les plus nobles du génie français.

Académie française
Institut de France - 23, quai Conti - 75270 Paris Cedex 06
Tél. : 01 44 41 43 00 - Fax : 01 43 29 47 15

www.academie-francaise.fr

Les actualités


Le 26 Juin 2014

Académie française

Élection de Marc Lambron

Le 22 Mai 2014

Académie française

Séance solennelle

Le 10 Avr 2014

Académie française

Élection de Alain Finkielkraut

Le 12 Déc 2013

Le 05 Déc 2013

Académie française

Séance solennelle