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| LE
DOMAINE DE CHAALIS |
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AU
FIL D'UNE HISTOIRE RICHE DE PLUS DE HUIT SIÈCLES.
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Domaine
de Chaalis©
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L'abbaye royale de Chaalis, avec son domaine de 1 000 hectares, occupe une position privilégiée au nord de Paris, dans l'immense demi-cercle des grandes forêts du nord de l'Île-de-France et des confins de la Picardie qui, partant de la forêt de Villers-Cotterêts, passe par les forêts de Compiègne (jadis de Cuise) et de Laigue, celles de Chantilly et d'Ermenonville et s'achève avec les forêts d'Halatte et de Hez. | |||||||||||
Conditions d'accès Groupes : sur réservation. Service pédagogique. Horaires d'ouverture Le parc et le musée sont ouverts tous les jours. Parc de 10 heures à 18 heures. Musée de 11 heures à 18 heures. |
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| LE
DOMAINE DE CHAALIS |
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À L'ORIGINE,
UNE ANCIENNE ABBAYE CISTERCIENNE, FONDÉE EN 1136 |
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Installée depuis le XIIe
siècle, l'abbaye royale de Chaalis fut consacrée
en 1219 par un des plus illustres personnages du temps, frère Guérin,
évêque de Senlis, garde des sceaux de Philippe Auguste. Son
abbatiale, longue de plus de 80 mètres, connut une renommée
considérable lorsque Saint Louis vint à Chaalis, où
il tenait à partager la vie des moines. |
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DU MONASTERE AU MUSÉE : LES FASTES D'UNE EXCEPTIONNELLE DEMEURE DE COLLECTIONNEURS.
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| Le
domaine de Chaalis en témoigne, la vie de Nélie Jacquemart-André,
qui posséda le domaine de 1902 à 1912 avant de le léguer
à l'Institut de France, ne fut que passions : celle de peindre, celle
de découvrir, celle de choisir, celle de rassembler d'admirables
collections. Dans le vaste château, qui avait été une des ailes du cloître projeté au XVIIIe siècle par le grand architecte Jean Aubert, sont rassemblés des meubles, tableaux et objets d'art, de l'Antiquité à l'Empire.
Au premier étage, la galerie, consacrée à la peinture du XVe au XVIIIe siècles, ainsi qu'aux meubles Renaissance, ouvre sur les anciennes cellules de moines devenues des chambres avec leurs cabinets d'entrée. Chacune d'elles est décorée de façon homogène d'un mobilier du XVIIIe siècle ou Empire qui évoque le faste de réceptions jadis. Des tapisseries et une collection de bois de Sainte-Lucie complètent ce riche ensemble d'objets d'art.
En haut de l'escalier d'honneur, décoré de tableaux
et d'une tapisserie dite « millefleurs »
de Bruxelles, un palier donne accès à l'appartement privé
de Madame André, qui témoigne de son goût éclectique,
où l'art du portrait domine.
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LES
GRANDES PÉRIODES DE L'HISTOIRE DE L'ABBAYE ROYALE DE CHAALIS.
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| De
l'époque mérovingienne au XIIe siècle |
Le nom de Chaalis (Cadolaicus) apparaît déjà dans divers documents de l'époque mérovingienne, notamment sur un acte par lequel l'abbaye de Saint-Denis, après revendication à l'encontre du maire du Palais, obtient par jugement royal (686) le moulin de Chaalis comme dépendant de la partie d'un domaine qui lui avait été donné. | |||||||||||
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| Le XIIe siècle |
Du premier prieuré, d'abord bénédictin, puis
cistercien, à l'abbaye royale de Chaalis (1136)
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| Le XIIIe siècle : l'église abbatiale | Une nouvelle église abbatiale,
de style gothique, était en construction dès 1202. En 1219,
la dédicace à Notre-Dame en fut faite solennellement par l'évêque
de Senlis, frère Guérin, l'un des principaux conseillers de
Philippe Auguste et son garde des sceaux, qui plus tard s'y fit inhumer.
Avec ses 82 mètres de longueur et ses 40 mètres
de largeur, l'abbatiale de Chaalis fut une des plus grandes églises
cisterciennes du royaume. Cet édifice était formé d'un porche, d'une nef flanquée de bas-côtés, d'un large transept avec des croisillons sur lesquels s'ouvrent des chapelles dont certaines sont construites sur un plan hexagonal. Ce sont dans ces chapelles du transept et dans les enfeux, établis autour du sanctuaire, que furent par la suite transférées les dépouilles de treize des évêques de Senlis, dont certains avaient aussi été abbés de Chaalis. La nef, fort élevée et éclairée par de vastes fenêtres en baies géminées surmontées d'un grand oculus, fut couverte de voûtes sexpartites reposant donc sur des piles alternativement fortes et faibles. Sur le côté nord de l'abbatiale s'appuyait le cloître détruit au milieu du XVIIIe siècle. Aussi, est-ce seulement sur le bas-côté sud de la nef que furent élevées des chapelles latérales. Sur les galeries des deux ailes du cloître, ainsi que sur celle qui en formait le fond, s'ouvraient, comme dans les autres abbayes, des salles aujourd'hui disparues, à l'exception de la première, la sacristie, qui subsiste.
On voit encore, contre l'église, les restes du dortoir des moines,
auquel on avait accès par un large escalier qui prenait naissance
dans l'une des chapelles du croisillon nord et qui est en partie conservé.
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| L'abbaye au XIVe siècle |
Presque dès sa fondation, l'abbaye connut une renommée
incontestable, due en large partie à la qualité de ses prieurs
ou abbés : en 1183, Henri de Sully, dont le pape Urbain III fit
un archevêque de Bourges (1186) ; en 1190, Guillaume de Donjon,
lui aussi archevêque de Bourges, et qui, mort en 1200 et canonisé
dès 1210, fut un des premiers saints de l'ordre de Cîteaux.
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| Le XVIe
siècle : des fresques du Primatice dans la chapelle abbatiale |
Mise en commende en 1541, l'abbaye fut l'objet des soins de son abbé, Hippolyte d'Este, le cardinal de Ferrare, fils de Lucrèce Borgia et cousin de François Ier. Surtout réputé comme créateur des jardins de la villa d'Este à Tivoli, il pourvut la chapelle de fresques, qui furent exécutées par le grand peintre italien Primatice. Elles ont été restaurées à la fin du XIXe siècle. Il confia aussi la construction du mur du jardin italien (aujourd'hui la roseraie), à l'architecte Sebastiano Serlio, mort à Fontainebleau en 1554, avec un portail à ses armes, et fit dessiner le parc.
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| Le XVIIIe siècle : nouveau cloître, uvre de Jean Aubert | En 1736, un nouvel abbé commendataire, Louis de Clermont, petit-fils du Grand Condé, commença par pourvoir le chur d'un admirable ensemble de stalles (aujourd'hui dans l'église de Baron), uvre des grands sculpteurs qu'étaient les frères Slodtz. Puis, plutôt que de rénover les bâtiments conventuels existants, il décida leur reconstruction et confia les plans d'un nouveau et vaste cloître à Jean Aubert, architecte des grandes écuries de Chantilly et du Palais-Bourbon à Paris. L'ancien cloître fut démoli et on commença par édifier une nouvelle aile nord, le château-musée actuel , ainsi que les pavillons flanquant une grille d'entrée. Mais l'énormité des dépenses ruina l'abbaye qui ne put poursuivre les travaux. La plupart de ses biens furent vendus et les moines dispersés. L'abbaye ayant été vendue comme bien national en 1793, l'église déjà en fort mauvais état , fut en grande partie abattue par son acquéreur qui, de la seule aile construite du futur cloître, fit sa demeure. | |||||||||||
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| Le XIXe siècle : sous le signe des femmes, Mesdames Rose-Paméla de Vatry et Nélie Jacquemart-André |
Le domaine passa en 1851 à la baronne de Vatry, qui décida d'entreprendre de considérables travaux de restauration et de remise en état des constructions. Toutefois, elle fit démolir les communs vétustes qui s'étendaient entre l'entrée du domaine et les ruines de l'abbatiale. Le domaine passa ensuite, par héritage, au prince Murat qui apporta certaines modifications au parc. Nélie Jacquemart, veuve du banquier Édouard André, l'acheta en 1902, pour abriter les collections de toute nature qu'elle ne cessait de rapporter de ses innombrables voyages en Italie, en Orient et en Égypte. Le magnifique hôtel que son mari, richissime collectionneur, avait fait construire à Paris, boulevard Haussmann, ne suffisait plus à contenir toutes ces merveilles. Elle mourut en mai 1912. Elle avait légué à l'Institut de France, avec l'ensemble de ses collections, l'hôtel particulier du boulevard Haussmann et le domaine de Chaalis, comprenant des bois, des étangs et le « désert » d'Ermenonville.
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| La collection Jean-Jacques Rousseau | Les collections de ce qui devint
dès lors le musée Jacquemart-André de Chaalis s'enrichirent
en 1923 par la vente faite par l'héritier du marquis de Girardin
à l'Institut de France. Elle comprenait la prodigieuse collection
que son aïeul avait réunie autour de la personnalité
de Jean-Jacques Rousseau, à qui il avait donné asile à
Ermenonville à la fin de sa vie. C'est naturellement qu'elle trouve
sa place à Chaalis puisque la partie du « désert »
où se trouve la fameuse « cabane de Jean-Jacques »
est situé sur le domaine. Les descendants du marquis de Girardin
avaient continué cette collection en rassemblant différents
souvenirs personnels de Rousseau, des manuscrits musicaux autographes, une
masse de documents concernant ses uvres et, bien entendu, une iconographie
aussi complète que possible. Aussi, à côté des
très riches collections du musée, une galerie est-elle consacrée
à Jean-Jacques Rousseau, à sa personne, à son uvre
et au culte dont il fut l'objet. Cette collection de plusieurs centaines
de pièces rares comprend en outre quelques planches botaniques du
philosophe. Un cédérom sur Jean-Jacques Rousseau est disponible. |
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