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| EXPOSITION
AU DOMAINE DE CHANTILLY |
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ENLUMINURES ITALIENNES | ||||||||
| Exposition : Enluminures italiennes Chefs-d'uvre du musée Condé à Chantilly (XIVe - XVIe siècles) du 27 septembre 2000 au 1er janvier 2001 Exposition organisée avec le soutien du Conseil général de l'Oise Contact exposition : Emmanuelle Toulet, conservateur de la bibliothèque du musée Condé Tél. : 03 44 62 62 69 Fax. : 03 44 62 62 61 |
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| PRÉSENTATION GÉNÉRALE | |||||||||
| Certains manuscrits ont une provenance illustre
: ainsi figurent, parmi les commanditaires des uvres, Bruzio Visconti,
seigneur de Milan (mort en 1356), Francesco Sforza, duc de Milan (1450-1466)
et Francesco Maria II della Rovere, duc d'Urbino (1574-1631). Par ailleurs,
deux initiales enluminées en 1452 par Zanobi Strozzi proviennent
d'un psautier réalisé à l'initiative du prieur du monastère
dominicain de Fiesole, le peintre Fra Angelico. Les livres destinés à la célébration liturgique sont représentés par un pontifical padouan et un antiphonaire lombard du XVe siècle ; c'est en effet aux livres de chur que se rattachent la plupart des fragments, entrés dans les collections en raison de la dispersion des biens de l'église qui suivit la suppression des ordres religieux en Italie. Mais la bibliothèque du duc d'Aumale est plus riche encore en livres de petite dimension, plus intimes, parmi lesquels il a été choisi de montrer un Livre d'Heures, un recueil de prières, ainsi qu'une superbe Passion de Jésus selon saint Jean. À côté des livres liturgiques et de dévotion, figurent quelques chefs-d'uvre enluminés de la littérature profane ou de la production écrite en langue populaire : L'Enfer de La Divine Comédie de Dante, des traités de chasse et de géographie, un texte célébrant les vertus et les arts libéraux. |
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| Les enluminures exposées datent principalement
du XVe siècle. Illustrant ainsi fidèlement les caractéristiques du fonds italien du Cabinet des livres, elles permettent d'évoquer quelques figures majeures de la peinture de la Renaissance italienne. C'est en effet au cours du XVe siècle que les rapports entre enlumineurs et peintres se firent plus étroits, et que les nouveautés formelles introduites dans la peinture italienne incitèrent les artistes du livre à renouveler leur syntaxe iconographique et à emprunter certains motifs ornementaux du répertoire décoratif classique. La redécouverte de l'Antiquité classique et de son idéal d'un art rigoureux et monumental, dont Mantegna est l'un des chefs de file, influença aussi bien le style précieux et minutieux de Girolamo da Cremona que celui, plus robuste et vigoureux, d'un artiste anonyme travaillant à Mantoue, à qui l'on doit deux des pages enluminées exposées. La représentation du Christ de pitié, thème cher aux peintres vénitiens, trouve un écho dans une page enluminée par Antonio Maria da Villafora. En revanche, l'atmosphère mystérieuse, caractérisée par des ombres denses, de la Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci, est évoquée dans la Mise au tombeau peinte dans le somptueux Livre d'Heures Morosini. Deux manuscrits nous rappellent que la richesse de ces volumes ne se cachait pas seulement dans leur décor intérieur, mais que la magnificence de leurs propriétaires se manifestait également par le soin apporté au travail de la reliure. Le traité de chasse conserve une reliure d'origine en brocart tissé de fils d'argent, tandis que les Heures Morosini sont recouvertes d'une reliure en vermeil, où sont enchâssés des camées et des ivoires, chef-d'uvre d'un atelier d'orfèvres milanais de la Renaissance. |
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| PIÈCES EXPOSÉES | |||||||||
| L'Enfer de La Divine Comédie |
Le manuscrit de Dante, sans doute le plus ancien exemplaire illustré de La Divine Comédie, ne comprend que la cantica de L'Enfer, suivis d'un commentaire composé vers 1327-1328 par le carme Guido da Pisa à l'intention d'un grand seigneur génois, Luca Spinola. Les enluminures, exceptionnelles par leur qualité et leur originalité, sont dues à un excellent artiste toscan très en avance sur son temps. Pour illustrer ce texte nouveau, il s'inspira des uvres des plus grands maîtres contemporains : Duccio, Giotto, Pietro Lorenzetti, et de la sculpture antique. |
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| Canzone delle Virtù et delle Scienze | Bartolomeo di Bartoli Chevalier et homme de guerre redoutable, Bruzio Visconti, fils naturel de Luchino Visconti (1292-1349), fut aussi un poète accompli, ami de Pétrarque. Vers la fin de sa vie, alors qu'il se trouvait en exil à Bologne, il commanda plusieurs manuscrits. Composée et transcrite par Bartolomeo di Bartoli et enluminée par son frère Andrea à l'intention de Bruzio Visconti en 1349, la Canzone est un ouvrage très personnel d'une dizaine de feuillets dans lesquels une iconographie très douce se met au service d'un texte énonçant et vantant les louanges des sept vertus et des sept arts libéraux. |
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| Résurrection | Don Silvestro dei Gherarducci La Résurrection, peinte par Don Silvestro dei Gherarducci constituait à l'origine le frontispice d'un manuscrit de grand format dont on connaît d'autres pages enluminées, conservées à New York. La scène principale, qui comprend une image de femmes se rendant au tombeau du Christ, s'accompagne de la représentation, dans la marge inférieure du feuillet, de trois autres épisodes liés à la Résurrection du Christ. On sait que l'auteur de cette superbe page travaillait au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, foyer artistique important de l'enluminure florentine au XIVe siècle. |
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| Antiphonae et orationes | Réalisé vers 1400, ce recueil de prières est orné de vingt-deux miniatures représentant des saints. Il s'agit d'un exemple typique de l'art du gothique tardif du XVe siècle, caractérisé par l'élégance des silhouettes et la richesse décorative des fonds. La technique évoque le camaïeu par son emploi d'une gamme réduite de couleurs ensoleillées, où dominent la dorure et les dégradés de jaune et d'ocre. | ||||||||
| David, un dominicain | Ces deux feuillets, montrés pour la première fois, proviennent d'un psautier peint en 1452 par Zanobi Strozzi pour son maître et ami Fra Angelico, alors prieur du couvent Saint-Dominique à Fiesole. Les inscriptions placées à l'intérieur de chaque initiale nous en révèlent le commanditaire et la date d'exécution. | ||||||||
| Traités de chasse et de fauconnerie |
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| Antiphonaire | Réalisé en Lombardie dans le troisième quart du XVe siècle, cet antiphonaire ne comporte qu'une seule page enluminée, une initiale figurée représentant le roi David priant Dieu. Les éléments du décor, le dessin élégant et fluide, l'éclat des couleurs et l'expression quelque peu rêveuse des figures révèlent un maître lombard de la Renaissance. | ||||||||
| Mort d'un saint évêque | Cette superbe initiale découpée est inédite : elle fut réalisée par Girolamo da Cremona, artiste formé à Venise, protégé d'Andrea Mantegna. Elle représente un collège d'évêques pleurant la mort d'un des leurs. Ce travail, d'une qualité exquise, se caractérise par la finesse du dessin, l'accord chromatique employant une gamme de couleurs épurées et sombres, qu'accentuent des effets de lumière diffuse. On notera au premier plan un détail insolite : des fourmis sortant d'une fissure de la marche. | ||||||||
| Pontifical | Ce pontifical, livre liturgique contenant l'ordre de toutes les cérémonies propres aux évêques, est orné d'une superbe image du Christ de pitié soutenu par des anges, peinte en camaïeu pourpre. Jamais reproduite auparavant, elle est l'uvre d'Antonio Maria da Villafora, enlumineur bien connu, travaillant à Padoue dans le dernier quart du XVe siècle. Le thème de cette image de dévotion, caractérisée par un sentiment pathétique très intense, était très répandu dans la peinture vénitienne de la Renaissance : on en connaît d'autres illustrations réalisés par Giovanni Bellini, Andrea Mantegna et Antonello da Messina. Le manuscrit est demeuré inachevé et l'image de saint Jérôme faisant pénitence est restée à l'état d'esquisse. | ||||||||
| La Pentecôte : l'apparition du Christ à la Vierge |
Ces deux miniatures, représentant deux épisodes qui se situent après la Résurrection, dont le second est assez rarement représenté, proviennent d'un livre d'heures conservé à Cambridge, aux États-Unis. Elles sont l'uvre d'un artiste qui travailla probablement pour la cour des Gonzague de Mantoue. Les deux pages témoignent de l'influence d'Andrea Mantegna, qui travailla longtemps pour les marquis de la ville lombarde. La reprise d'éléments classicisants dans le décor architectural et dans les vêtements des apôtres ainsi que le caractère monumental des figures traduisent un souci d'exactitude archéologique et un enthousiasme passionné pour la civilisation romaine, dont Mantegna a été le chef de file. | ||||||||
| Insularium illustratum |
Henricus Martellus Pièce très rare, ce traité de géographie, comprenant une riche illustration de cinquante-huit cartes pour la plupart consacrées aux îles méditerranéennes, ne fut jamais imprimé et n'est connu aujourd'hui qu'en trois exemplaires. Le manuscrit arriva en France très tôt : il appartint dès le XVIe siècle à Claude Gouffier (1500-1576), grand écuyer de France. Le frontispice présente un cadre peint en trompe l'il, témoin du goût pour les architectures classiques monumentales développé dans la Vénétie à partir des années 1470. En bas de page, une double représentation inspirée du répertoire classique : des putti s'amusent avec un satyre, tandis que, à l'arrière-plan, le bas-relief décorant la base de l'arc est orné d'un cortège de divinités marines. |
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| David jouant du psaltérion (initiale B) |
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| Messe pontificale | Peinte à Rome à la fin du XVe siècle, cette superbe enluminure est un document iconographique exceptionnel : elle nous transmet en effet une image d'un pape, probablement Boniface VIII, célébrant une messe devant l'autel de la chapelle Sixtine. Sur la paroi, derrière l'autel, on voit une peinture du Pérugin, détruite lors de la réalisation par Michel-Ange de la fresque représentant le Jugement dernier. | ||||||||
| Livre d'Heures | Morosini Enluminé à Milan vers 1495, le Livre d'Heures dit de Morosini est un véritable bijou de la Renaissance italienne. De petites dimensions les feuillets ne mesurent que 57 x 72 mm il garde sa reliure d'origine en vermeil, ornée d'ivoires et de camées. Les doublures sont constituées de plaquettes dorées encadrant deux émaux peints, représentant le Baiser de Judas et Jésus portant la Croix. Ce rare travail d'orfèvrerie atteste le luxe que pouvaient atteindre les objets de dévotion à la Renaissance. Les enluminures du manuscrit furent réalisées au sein de l'atelier d'Ambrogio de Predis, portraitiste de la cour des Sforza, ducs de Milan. Ambrogio de Predis travailla également aux côtés de Léonard de Vinci à la réalisation du retable de la Vierge aux Rochers. Ce petit livre d'heures présente une Mise au tombeau inspirée de la célèbre composition de Léonard de Vinci. |
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| La Vierge, l'Enfant, saint Jean l'Évangéliste et un ange |
Due à un maître milanais de la Renaissance connu sous le nom conventionnel de « Maître B.F. », cette scène reprend la célèbre composition de Léonard de Vinci, la Vierge aux Rochers, uvre très imitée dans le milieu artistique milanais. Elle représente un épisode de l'enfance de Jésus extrait des Évangiles apocryphes : la rencontre entre l'Enfant et le petit saint Jean-Baptiste lors du retour d'Égypte de la Sainte Famille. | ||||||||
| La Bataille de Marignan | Ce dessin aquarellé représente l'épisode le plus célèbre des guerres d'Italie. Suivi par sa chevalerie, le roi François Ier, dont la cotte, le heaume et le caparaçon sont fleurdelisés, attaque les fantassins suisses. Au centre, dressant leurs étendards, s'opposent deux rangs serrés de mercenaires suisses et de lansquenets allemands. Le dessin, dont on ignore la destination, fut réalisé par un enlumineur milanais dont on connaît d'autres uvres, exécutées pour le milieu milanais francophile. | ||||||||
| Passio domini nostri Iesu Christi secundum Johannem |
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