LE DUC D'ENGHIEN
EXPOSITION AU MUS
ÉE CONDÉ
 
Sommaire Chantilly
Présentation de l'exposition
Biographie du duc d'Enghein

 

  Du 23 janvier au 22 avril 2002

   
Portrait de Louis-Antoine-Henry de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, par Nanine Vallain.

« Visez au cœur. » Tels furent les derniers mots du duc d'Enghien, tombé à trente et un ans sous le feu des gendarmes de Bonaparte. La mort du dernier des Condé, immortalisée par le pinceau de Jean-Paul Laurens, est restée gravée dans toutes les mémoires. Sa vie, en revanche, est moins ou mal connue. L'exposition du musée Condé lève le voile sur cette existence hors du commun qui, telle une épopée héroïque, se détache sur fond d'Ancien Régime finissant, de tourmentes révolutionnaires, de guerres et d'exil.


     
L'exécution du duc d'Enghien
dans les fossés de Vincennes, par J.-P. Laurens

De l'enfance comblée à la rencontre de la princesse Charlotte, de l'émigration forcée aux champs de bataille sur lesquels se révèle son génie militaire, de la cour de Saint-Pétersbourg à l'amère retraite d'Ettenheim, de son arrestation à son exécution, le singulier destin du duc d'Enghien est retracé, sur le lieu même de sa naissance, à travers quatre-vingt-dix œuvres artistiques, documents d'archives ou objets d'époque.

De nombreux portraits montrent le duc d'Enghien aux principales étapes de sa vie. D'autres, célèbres ou à découvrir, aident le visiteur à replacer le descendant de Saint-Louis dans l'illustre lignée qui est la sienne ou rendent un visage à ses contemporains, protecteurs, amis ou ennemis.

Tableaux, vues et dessins du domaine de Chantilly au XVIIIe siècle, de Saint-Pétersbourg ou de la modeste maison d'Ichtratzheim, ainsi que cartes et plans de champs de bataille restituent les lieux où se sont déroulés les principaux événements de son existence. Les armes, drapeaux du corps de Condé, objets et souvenirs d'époque, dont beaucoup sont pour la première fois présentés au public, achèvent de composer le décor de cette biographie.

Enfin, les archives inédites de la bibliothèque du musée Condé, notamment la correspondance particulière du duc d'Enghien et ses journaux de campagne, reflètent les différentes facettes de sa personnalité. On découvre un homme passionné et un grand militaire, digne descendant de la maison de Bourbon-Condé.

 

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      Présentation de l'exposition
       
     

Louis-Antoine-Henri de Bourbon (1772 - 1804), descendant de Saint-Louis et du Grand Condé, acquiert le titre de duc d'Enghien le jour de sa naissance, grâce au roi Louis XVI, son parrain. Il passe une enfance sereine au château de Chantilly et au Palais-Bourbon, à Paris. À l'âge de vingt ans, il rejoint les troupes de l'armée de Condé et s'engage aux côtés de son grand-père, le prince de Condé. De 1792 à 1802, il se déplace au gré des batailles et fait la rencontre de la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort, dont il tombe amoureux. Il part pour Saint-Pétersbourg en 1797 et reçoit la protection du tsar Paul Ier. Le coup d'État de Bonaparte, en 1799, pousse le duc d'Enghien à se réfugier à Ettenheim (en pays de Gueldre, en Allemagne), en compagnie de la princesse Charlotte. Début 1804, le Premier Consul, apprenant l'existence d'un complot, fait arrêter le duc, pourtant innocent. Celui-ci est fusillé après un semblant de procès, le 20 mars 1804, dans les fossés de Vincennes.

L'hommage du musée Condé au duc d'Enghien est riche de la diversité des pièces exposées : des portraits des Condé aux drapeaux de leur armée, des cahiers d'exercices scolaires du jeune duc à sa correspondance particulière. Certaines de ces pièces sont montrées pour la première fois au public. D'autres, très célèbres, tel le portrait de Bonaparte par le baron Gérard (conservé au musée Condé), font le bonheur des connaisseurs et des curieux qui s'intéressent au destin du duc d'Enghien.
L'exposition est organisée afin de lever le voile sur la vie publique et privée du duc d'Enghien. Elle puise en partie ses sources dans le livre de Florence de Baudus, Le Sang du Prince, publié aux éditions du Rocher. Cette biographie, présentée en parallèle avec l'exposition, aide le visiteur à replacer dans leur contexte les œuvres et documents illustrant la vie quotidienne du duc.

Les portraits, peints, dessinés ou sculptés, nous montrent le duc d'Enghien de sa naissance à sa mort ; ils nous révèlent aussi le visage de ses proches, amis ou ennemis. Deux portraits du duc d'Enghien jeune homme, peints, l'un par Schilly (conservé à Versailles), l'autre par Nanine Vallain (conservé à Chantilly), font partie des plus belles pièces exposées. Ils témoignent d'une enfance et adolescence sereines, passées entre Chantilly, demeure des Condé, et le Palais-Bourbon. Notons également les portraits du père et du grand-père du duc, peints respectivement par Danloux et de Tott. Les décorations fièrement arborées par ces personnages, notamment les croix de Saint-Louis et du Saint-Esprit, soulignent l'attachement des Condés au roi de France. Les nombreuses gravures représentant le duc d'Enghien au cours de la guerre illustrent, elles aussi, ce thème de la fidélité à la Couronne royale. Enfin, la maquette du monument érigé à la mémoire du duc, ainsi que ses dessins préparatoires, méritent une attention particulière.

     
Louis-Antoine-Henri de Bourbon,
duc d'Enghien
, en buste, médaillon

Outre les portraits, de nombreux dessins et peintures de lieux historiques, palais et domaines, installent le décor de cette biographie. Le destin du château de Chantilly à la fin du XVIIIe siècle est ainsi retracé, certaines œuvres le représentant avec ses anciens bâtiments, datant du XVIe siècle, d'autres se faisant les témoins de sa démolition, vers 1799-1800. Des gravures en couleurs restituent d'autre part les lieux où le duc d'Enghien s'est illustré lors des combats de 1792. Mais il faut surtout souligner l'importance historique d'un dessin à la plume et au lavis, signé Hittorff, qui offre au visiteur une vue des fossés de Vincennes lors de l'exhumation du corps du duc d'Enghien, le 20 mars 1816, soit douze ans après sa mort. Le célèbre tableau de Jean-Paul Laurens représentant son exécution exprime l'intensité et le tragique de ses derniers moments.

     


Soulignons la participation à cette exposition de collectionneurs privés, grâce à qui des documents et objets peuvent être pour la première fois présentés au public, ainsi des sabres et fusils retraçant la période de guerre, de 1792 à 1801. Le musée Condé expose parallèlement les drapeaux de l'armée de Condé, ainsi que le drapeau offert par le tsar au régiment d'Enghien en 1799. Un collectionneur a par ailleurs confié au musée des gravures représentant Saint-Pétersbourg et l'empereur Paul Ier. Ces documents témoignent des liens qui unissaient le duc à la Russie. Des photographies du palais de Rohan et de la maison d'Ichtratzheim montrent en outre les lieux où résidèrent le duc d'Enghien et la princesse de Rohan, de 1801 à 1804.

Enfin, le musée Condé présente des documents liés à la vie privée du duc d'Enghien, telle que sa correspondance avec son père ou son grand-père. Un précieux sachet de velours, renfermant une lettre et un ducat, a notamment été retrouvé dans les réserves du château de Chantilly. Sur le billet, quelques mots stipulant que le sachet contient des «  reliques » du duc d'Enghien. C'est pourquoi le musée expose le ducat et la mèche de cheveux qui appartenaient au duc et furent retrouvés sur lui le jour de sa mort.