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| BIOGRAPHIE
DU DUC D'ENGHIEN EXPOSITION AU MUSÉE CONDÉ |
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Exposition
du mercredi 23 janvier au lundi 22 avril 2002 Prolongation jusqu'au 6 mai 2002 |
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| Le dixième prince de Condé voit
le jour le 2 août 1772 au château de Chantilly, demeure
des princes de Condé. Le sang du nouveau-né, même si
les Condé n'ont jamais régné, est aussi noble que celui
du roi : comme le roi, il descend de Saint Louis. On trouve trace, dès l'an mil, des seigneurs d'Enghien. Par le jeu des héritages, le nom, éteint depuis 1482, demeurait une seigneurie du roi de France. En 1607, Henri IV vendit son domaine d'Enghien-en-Hainaut, en stipulant que le titre d'Enghien serait maintenu dans la famille des Bourbon-Condé. Ce titre fut, dès lors, l'apanage des aînés des Condé. |
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Le grand-père du duc d'Enghien, Louis-Joseph de Condé,
épousa une princesse de Rohan-Soubise, morte à l'âge
de vingt-trois ans, à la naissance de leur fille, la princesse
Louise. Il pleura sincèrement son épouse. Son père,
qui porte le titre de duc de Bourbon, a lui aussi fait un mariage d'amour.
À quatorze ans, il épousa la princesse Bathilde d'Orléans,
mais, dès l'âge de dix-sept ans, passait ses journées
à chasser avec passion. La princesse Bathilde est la fille de Philippe,
duc d'Orléans. Elle aime les fêtes, joue la comédie,
écrit aussi de petites pièces de théâtre, dans
lesquelles elle épingle les uns et les autres avec un humour qui
n'est pas toujours du goût de ses victimes, en particulier son époux
et son beau-père. Le goût de la princesse pour la satire,
ajouté à la mésentente notoire des deux époux,
accélérera leur séparation officielle, acceptée
par le roi Louis XVI en 1780.
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| L'enfance |
À l'âge de six ans, le jeune prince est confié à
un précepteur, l'abbé Millot, et, pour son instruction
militaire, au comte de Virieu, qui ne le quittera que pour mourir.
Les cahiers du duc d'Enghien sont une source inestimable pour qui veut
étudier la formation de sa personnalité. Se servant de la
forme dialoguée, l'abbé Millot utilisait en effet la spontanéité
de son élève pour le faire avancer dans l'étude.
Le baptême du duc d'Enghien eut lieu le 17 mai 1785, dans la chapelle de Versailles, en présence du prince de Condé, du duc et de la duchesse de Bourbon, ainsi que de Mademoiselle. L'enfant reçut les prénoms de Louis, comme son parrain, le roi Louis XVI, Antoine, en l'honneur de sa marraine, la reine Marie-Antoinette, et Henri, comme tous les princes de Condé.
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| La Révolution et le début de l'émigration |
« Nous apprîmes
le mardi 14 juillet au soir à Chantilly que les révoltés
s'étaient emparés de la Bastille ; nous eûmes de la
peine à le comprendre, mais enfin cela était : je crus alors
ne pouvoir me dispenser de me rendre le lendemain avec mes enfants auprès
du roi, dont au moins la couronne était en danger. »
Ainsi s'ouvre le journal que le prince de Condé tiendra jusqu'en
mai 1795 et qui, complété par le journal de son petit-fils,
nous permet de suivre la métamorphose de l'adolescent comblé
en officier.
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| La guerre | Le 20 avril 1792, Louis XVI déclare
la guerre à son neveu, François II. Jusqu'à la paix
d'Amiens, en 1802, trois forces se trouveront en présence : les patriotes,
les puissances alliées, c'est-à-dire les nations européennes
à qui les patriotes ont déclaré la guerre, et l'armée
des émigrés. Le duc d'Enghien souffre de cette situation équivoque et l'amertume est à son comble lorsque l'empereur ordonne que l'armée des émigrés français soit divisée en trois corps : « L'armée des Princes était forte d'environ dix à douze mille hommes ; celle de Condé de quatre mille cinq cents hommes à cinq mille ; celle de Bourbon de quatre mille au plus ». C'est dans ces conditions difficiles que le duc d'Enghien apprend que
la bataille de Valmy s'est engagée. Jemmapes, le 6 novembre 1792,
entérinera la victoire des révolutionnaires. À la
suite de cette campagne, l'armée des Princes et le corps de Bourbon
sont dissous sur ordre de l'empereur. Ceux qui veulent continuer à
se battre rejoignent, avec le duc de Bourbon et le duc d'Enghien, le corps
de Condé. Le 6 février 1797, le duc d'Enghien rejoint son grand-père
à Saint-Pétersbourg. Paul Ier
donne un faste inouï à ces retrouvailles, faisant don au prince
de Condé et à son petit-fils d'un luxueux château.
Le 21 décembre, l'empereur Paul Ier
remet solennellement au prince de Condé les nouveaux drapeaux et
étendards de son corps. Le duc d'Enghien, oubliant leurs adieux
définitifs, propose à Charlotte de venir le rejoindre avec
son père. |
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| Ettenheim | Après dix années de combats, le
duc d'Enghien décide de se fixer à Ettenheim (Allemagne),
où réside la princesse Charlotte. Mais il vit dans l'espoir
de rentrer en France et d'aider le roi à recouvrer son trône.
De surcroît, ses moyens financiers sont très réduits,
le gouvernement anglais ne lui allouant qu'une maigre pension mensuelle. À la toute fin de septembre 1801, le duc d'Enghien emménage dans la maison que lui loue le baron d'Ichtratzheim, à quelques pas du palais de Rohan, où Charlotte vit avec son oncle. Ses amis fidèles s'installent, eux aussi, dans la petite ville. Repas entre amis, plaisirs des carnavals et surtout de la chasse : une autre vie commence, pleinement partagée par la princesse Charlotte. Mais cette douce tranquillité n'est pas, pour le prince, synonyme de bonheur : la paix d'Amiens, signée le 25 mars 1802 entre la France et l'Angleterre, le réduit à l'inaction militaire, et le désespoir l'envahit quand il fait le bilan de ces dix années de guerre. La rupture de la paix, en mai 1803, fait renaître la guerre entre la France et l'Angleterre. Bonaparte, pour beaucoup, représente une nouvelle légitimité. Mais certains Bourbon ne désarment pas. À Londres, le comte d'Artois échafaude des plans pour renverser le pouvoir en place et les sentiments du duc d'Enghien sont clairs : il est l'ennemi de Bonaparte. Le Ier octobre 1803, il déclare : « Je suis trop fier pour courber bassement ma tête et le Premier Consul pourra peut-être venir à bout de me détruire, mais il ne me fera pas m'humilier ». Entre janvier et mars 1804, de nombreuses arrestations, opérées par la police du Premier Consul, permettent de découvrir un complot de grande ampleur : des officiers, des généraux, des princes ainsi que le comte d'Artois s'étaient entendus pour renverser Bonaparte. Qui peut être l'âme de ce complot ? Le nom du duc d'Enghien circule. Bonaparte se garde bien de vérifier ces affirmations. Il ordonne d'aller saisir le duc en territoire de Bade. |
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Dans la nuit du 14 au 15 mars, le commandant Charlot, à la tête
de trois cents dragons et de trois brigades de gendarmes, passe le Rhin
et arrive avant l'aube chez le baron d'Ichtratzheim. Certain que personne
ne pouvait douter de sa bonne foi, duc d'Enghien avait refusé de
s'enfuir comme un coupable.
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| Vincennes |
Bonaparte a donné ses ordres : le prisonnier doit être transporté
d'urgence au fort de Vincennes. Devant ses juges, le duc d'Enghien
continue de crier qu'il n'a jamais participé à aucun complot.
Certes, il s'est battu avec les puissances étrangères, mais
c'était contre un gouvernement qui avait fait massacrer son roi
et remplacé le trône par l'échafaud. Cette loyauté
ne fait qu'effrayer ses juges.
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| Le souvenir |
Dès le lendemain, on rédige une autre version du jugement
et on comble les blancs. |
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