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| RELIURES
FRANÇAISES DU XVIIe
SIÈCLE EXPOSITION AU MUSÉE CONDÉ |
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Exposition
du 24 avril au 23 septembre 2002 dans le Cabinet des livres du duc d'Aumale |
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En parallèle avec l'exposition consacrée aux arts décoratifs sous le règne de Louis XIII dans les galeries nationales du Grand Palais, le musée Condé présente un choix de reliures françaises du XVIIe siècle. Toutes inédites, elles sont les plus représentatives et les plus propices à un regard nouveau, parmi les cent cinquante autres reliures remarquables de la même période qui se trouvent dans la collection réunie par le duc d'Aumale et conservée au château de Chantilly, dans le Cabinet des livres, qui est resté tel que le fils du roi Louis-Philippe l'a conçu et voulu. Pour cette exposition, deux historiens de la reliure, Isabelle de Conihout et Pascal Ract-Madoux, ont retenu deux phases majeures de la création des reliures pendant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, dont la confrontation est éclairante sur les usages sociaux de ces objets de haut luxe. D'abord, durant une longue période (1615-1665) correspondant au règne de Louis XIII et à la régence d'Anne d'Autriche, c'est l'apparition et le développement de nouveaux grands décors dorés, qui supplantent les non moins célèbres décors antérieurs. Puis durant deux décennies plus tardives (1690-1710), c'est l'émergence de reliures très particulières, faites pour un petit groupe d'amateurs de livres anciens.
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I. Reliures à grand décor (1615-1665) Ces luxueuses reliures furent exécutées pour de grands personnages de la société française du XVIIe siècle (Marie de Médicis, Louis XIII, Anne d'Autriche, Louis XIV, le prince et la princesse de Condé, etc.), ou encore pour des personnalités moins connues, mais amateurs raffinés de livres. Elles recouvrent des ouvrages contemporains et furent souvent offertes par des auteurs en quête de mécénat. Dans ce cas, l'initiative de la reliure appartient au donateur qui, cependant, prend en considération les styles dominants et les goûts du récipiendaire. C'est pour ces protagonistes déterminants (donateurs, possesseurs, fastueux personnages de haut rang ou amateurs véritables, sensibles à de somptueuses subtilités) que travaillèrent quelques grands relieurs qui mettent en uvre les grands décors qui prévalent alors : fanfares, semés, centres et coins à gerbes. Par des recoupements précis, des uvres - toujours non signées - peuvent leur être attribuées et leur production sort de l'ombre, même s'ils restent anonymes. Ainsi retrouve-t-on le célèbre « Le Gascon », déjà bien connu à son époque sous cette dénomination qui reste énigmatique, mais aussi des membres de dynasties mieux identifiées d'artisans, tels Macé et Antoine Ruette, ou de nouveaux venus, sans ascendance dans le milieu professionnel, tel Florimond Badier. Cette exposition fait aussi apparaître un atelier jusqu'ici non repéré, l'atelier dit, d'après un fer à dorer caractéristique, « à l'oiseau huppé ». La révélation de ce premier groupe est une surprenante reliure d'inspiration orientale, attribuée à Macé Ruette, et probablement exécutée vers 1628 pour Marie de Médicis.
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Dans cet ensemble, qui est proposé pour la première fois,
l'initiative est dévolue, non pas au donateur, mais au possesseur
du livre à relier. Ici se manifeste le rôle décisif
d'une petite cohorte d'amateurs de livres anciens du XVIe siècle,
dont les biographies sont l'objet de recherches nouvelles. Ils sont des
« curieux de livres » : à cette époque,
on dénomme ainsi « celui qui a ramassé les choses
les plus rares, les plus belles et les plus extraordinaires qu'il a pu
trouver » (Furetière, Dictionnaire universel,
1690). En l'occurrence, il s'agit de collectionneurs qui pratiquent ce
qui est aujourd'hui la « bibliophilie rétrospective ».
Par cette élite, de nouveaux genres de reliures, jusqu'ici mal
datés et mal compris, apparaîtront : des éditions
rares de textes anciens, tous en français ou en traduction française,
sont revêtues de reliures imitées de modèles antérieurs
(parfois jusqu'au pastiche) et même dotées de marques de
provenance royale (Louis XIII et Anne d'Autriche !) ; ou encore, elles
peuvent recevoir des reliures qui, elles, relèvent d'un style « archaïsant »,
prétendant évoquer des reliures d'une autre époque
et donc en relation implicite avec les dates d'édition des livres
recouverts. Par là, ce regroupement témoigne de « nostalgies
ou de dévotions qu'il faudra interroger » (J. Viardot,
préface du catalogue). |
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