ART DU MANUSCRIT DE LA RENAISSANCE EN FRANCE
 
Sommaire Chantilly
Introduction
La collection de manuscrits du duc d'Aumale
Liste des pièces exposées
 

Exposition du 26 septembre 2001 au 7 janvier 2002

 
 

 

 

Une collection inestimable dévoilée au public : les manuscrits du musée Condé

     

La collection de manuscrits du musée Condé comprend mille cinq cents pièces, qui comptent pour certaines parmi les œuvres majeures de l'art du manuscrit occidental, du Moyen Âge à la fin de l'Ancien Régime. Elles ont pour partie été réunies au cours des siècles par les seigneurs qui se sont succédé au château de Chantilly, appartenant à la famille des Montmorencys puis à celle des Bourbons-Condés, et pour l'autre partie été acquises durant la seconde moitié du XIXe siècle par le duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe et héritier du château de Chantilly depuis 1830, qui a légué à la fin de sa vie son domaine de Chantilly et ses collections à l'Institut de France.

   
Antoine Macault lisant sa traduction devant François Ier entouré de ses fils et de grands personnages de sa cour. Diodore de Sicile. Manuscrit enluminé par Jean Clouet, etc., Paris, 1534.©
L'exposition L'art du manuscrit de la Renaissance en France s'attache à l'art du manuscrit de la Renaissance en France. Vingt et une pièces ont été sélectionnées parmi un ensemble de manuscrits français du XVIe siècle composé d'une soixantaine d'œuvres. Elles ont été choisies en fonction de leur caractère exceptionnel, de leur réussite esthétique, de leur importance historique, de leur représentativité artistique, de leur diversité thématique. Certaines sont extrêmement célèbres, ce qui ne signifie pas qu'elles sont souvent montrées, tandis que d'autres sont inédites et invitent à découvrir des aspects méconnus et surprenants des relations entre le livre et l'art, dans un contexte renouvelé en profondeur par l'invention de l'imprimerie comme par les bouleversements esthétiques de la Renaissance.
 


Catalogue de l'exposition coédité par les éditions d'Art Somogy et le musée Condé. Prix de vente : 95 francs (14,48 €); 96 pages, 60 illustrations en couleurs.


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La collection de manuscrits du duc d'Aumale

    Entre 1850 et sa mort en 1897, le duc d'Aumale
(1822-1897) a acquis près de six cents manuscrits exceptionnels, que ce soit en ventes aux enchères publiques, auprès de libraires internationaux ou de possesseurs privés, à travers toute l'Europe.

Avant 1850, il s'était attaché à reclasser et étudier de près les manuscrits entrés en sa possession avec l'héritage du dernier duc de Bourbon (1830) et à se former à ce qui sera la grande passion de sa vie : la collection de manuscrits et de livres imprimés rares et précieux.

Les vingt et un manuscrits présentés dans cette exposition sont autant de jalons majeurs de l'histoire de la constitution de sa collection comme de celle de la bibliophilie au XIXe siècle.

Trois seulement des manuscrits exposés proviennent de la bibliothèque des princes de Bourbon-Condé, régulièrement enrichie au XVIIe et XVIIIe siècles, principalement par héritage ou par don princier. Signalons que deux manuscrits sont de provenance royale, sortis des collections du roi à une date ancienne.

Il est significatif que la première acquisition personnelle effectuée par le duc d'Aumale, qui mit ainsi un terme à sa période d'apprentissage, soit, non pas un manuscrit médiéval, mais un manuscrit du XVIe siècle, Les Commentaires de la guerre gallique, acquis auprès du grand libraire parisien J.J. Téchener.

Six des manuscrits sélectionnés ont appartenu à l'un des plus grands collectionneurs parisiens de la première moitié du XIXe siècle, Armand Cigongne. Les manuscrits ne formaient qu'une part très minoritaire de sa collection, composée prioritairement d'imprimés, mais ce grand bibliophile s'attachait particulièrement à acquérir des œuvres du XVIe siècle. À la mort de Cigongne, en 1859, le duc d'Aumale acquit en bloc la collection, qui comprenait près de trois mille pièces, aujourd'hui toutes considérées comme des joyaux du cabinet des livres du prince.

Six autres manuscrits, parmi les plus importants, ont été acquis par le duc d'Aumale dans les toutes dernières années de sa vie, après 1889. Il avait alors déjà fait don depuis 1886 de ses collections à l'Institut de France, lui confiant la charge d'ouvrir après sa mort le musée Condé au public. Les motivations de ces acquisitions, pour la plupart très onéreuses, étaient alors plus patrimoniales que personnelles.

Quatre parmi ces vingt et un manuscrits étaient passés par l'Angleterre, où ils avaient appartenu à des collectionneurs prestigieux, dont le duc de Beckford, et deux d'entre eux s'y trouvaient encore lorsque le duc d'Aumale en fit l'acquisition, soucieux de faire rentrer dans le patrimoine national des œuvres majeures.

Enfin, un manuscrit, et non des moindres puisqu'il s'agit des Heures d'Anne de Montmorency, ne faisait pas partie de la collection du duc d'Aumale, puisque c'est trois ans après la mort du prince, en 1900, que son possesseur privé s'en est dessaisi au profit du musée Condé, afin de compléter cet ensemble si remarquable de manuscrits de la Renaissance française.
 


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Histoire d'amour sans paroles. Manuscrit enluminé en Touraine ou à Paris, début du XVIe siècle
©

Manuscrits exposés

Description ou traicté du gouvernement et Regyme de la Cyté et Seigneurie de Venise
Enluminé par le Maître de Philippe de Gueldre, Paris, première décennie du XVIe siècle.
Parchemin, 88 ff., 415 x 305 mm

Histoire d'amour sans paroles

Enluminé en Touraine ? ou à Paris ?, début du XVIe siècle
Parchemin, 15 ff. (dont 6 blancs), 190 x 130 mm

Livre d'heures à l'usage de Rome
Enluminé par Jean Pichore, Paris, aux alentours de 1503
Parchemin, 71 ff., 210 x 137 mm

Portraits des rois de France et des comtes et comtesses de Dammartin

Enluminé par Jean Pichore, Paris, après 23 mars 1502 et avant la fin de 1503
Parchemin, 98 ff., 260 x 190 mm

   
François Demoulins, Les Commentaires de la Guerre gallique, vol. III. Manuscrit enluminé par Godefroy le Batave, Paris, 1520
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François De moulins, Les Commentaires de la guerre gallique, volume III
Enluminé par Godefroy le Batave, cartes supervisées par Albert Pigghe ; Paris, 1520
Parchemin, 63 ff., 205 x 130 mm ; 2 cartes pliées de géographie historique, 375 x 405 mm

"Sommaire" en français de l'Institution d'un prince jusque l'âge d'adolescence, d'Érasme
Enluminé probablement à Tours, début 1526 Parchemin, 41 ff., 175 x 112 mm

Jacques Le Lieur, La Passion de N.S. Jésus Christ
Enluminé à Rouen, vers 1530-1540
Parchemin, 36 ff., 177 x 104 mm

René Bombelles, Panegyricus christianissimo Francisco Francorum regi dictus
Enluminé par Étienne Collault, Paris, 1531
Parchemin, 96 ff., 305 x 213 mm
 
   
François Habert, L'Amant infortuné. Enluminé à Paris (?), ou à Bourges (?), aux alentours de 1530
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François Habert, L'Amant infortuné
Enluminé à Paris (?), ou à Bourges (?), aux alentours de 1530
Parchemin, 97 ff., 228 x 132 mm

Les troys premiers livres de Diodore Sicilien Historiographie grec des Antiquitez d'Egipte, Ethiopie et autres pays d'Asie et d'Affrique, translatez de latin en françois par Maistre Antoine Macault, notaire, secrétaire et valet de chambre ordinaire du roy


Enluminé par Jean Clouet, Noël Bellemare (?), et par le Maître de François de Rohan. Paris, 1534
Parchemin, 182 ff., 290 X 200 mm

Marguerite de Navarre, La Coche
Enluminé par le Maître de François de Rohan, Paris, 1542
Parchemin, 45 ff., 200 x 148 mm

Euripide, La tragoedie des Troades. Traduction par Jacques Amyot

Enluminé par le Maître du Psautier de Claude Gouffier, Paris, vers 1550
Parchemin, 73 ff., 227 x 160 mm

Heures d'Anne de Montmorency

Écrit à Paris, enluminé par le Maître des Épîtres Getty, Niccolò dell'Abbate ou Jean Cousin, et al., vers 1549, achevé après septembre 1551
Parchemin, 118ff., 210 x 140 mm

Neuf scènes de l'histoire romaine, neuf cartouches de légendes

Dessiné par Jean Cousin le père, par le Maître du Psautier de Claude Gouffier et par un maître anonyme, aux alentours de 1555
Parchemin, pierre noire, sanguine et lavis avec rehauts d'or, 18 ff., 150-160 x 140-160 mm env.

La Suite des œuvres poétiques de Vatel

Papier, 87 ff., 306 x 202 mm
Paris, calligraphié et orné pour les étrennes de l'année 1574

Henri III présidant la première cérémonie de l'ordre du Saint-Esprit
Enluminé par Guillaume Richardière d'après Antoine Caron, 1587
Parchemin, 1 f., 261 x 194 mm

Géométrie
Paris, après 1573
Parchemin, dessin à la plume, encre grise, lavis brun, 202 x 295 mm

Dominique Jacquinot, L'Usaige et utilité de l'astrolabe, avecques description de la sphère solide, pour avoir ample et facile intelligence d'iceluy astrolabe

Probablement Paris, 1543
Parchemin, 62 ff., 275 x 190mm

   

Jacques Androuet Du Cerceau. Album de dessins d'architecture. Orléans, aux alentours de 1550
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Jacques Androuet Du Cerceau, Album de dessins d'architecture
Orléans, aux alentours de 1550
Parchemin, 60 ff., 180 x 258 mm

Jean Héroard, Hippostéologie, c'est-à-dire Discours des os du cheval

Ecrit et illustré par Jean Héroard, Paris, 1579
Papier, 31 ff., 257 x 180 mm

Terrier de la seigneurie de Besse-en-Chandesse

Compilé par Antoine Godivel, notaire royal à Besse, 1579
Papier, 551ff, 410 x 275 mm