LE DONJON,
L'ARCHITECTURE MILITAIRE DU Xe AU XVe SIÈCLE
 
Sommaire Château de Langeais
Présentation
Le donjon au centre de l'architecture militaire
Aux origines des châteaux forts : les mottes castrales
Le triomphe de la pierre
Une défense nouvelle
La guerre de Cent Ans
La fin des châteaux forts
Catalogue de l'exposition et dossier pédagogique
  EXPOSITION AU CHÂTEAU DE LANGEAIS
   
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Quelles sont les origines de ces premières fortifications de pierre ?
Comment passe-t-on des « donjons romans », imposants mais encore rudimentaires, aux complexes architectures, dépourvues de toute vertu défensive, de la fin du Moyen Âge ? C'est ce qu'on ne peut comprendre qu'en saisissant le caractère évolutif des fortifications médiévales et en restituant, en vis-à-vis, les techniques de siège auxquelles elles étaient destinées à faire face : la défense est « fille de l'attaque ».
La centaine de documents et d'objets présentés illustre les cinq grandes étapes de cette histoire.

Du 29 mars au
31 octobre 2001


L'exposition est réalisée sous
la direction de Jean Favier,
membre de l'Institut,
conservateur du château de
Langeais, par le Service des
actions pédagogiques
de
l'Institut de France, avec le
soutien du ministère de
l'Éducation nationale et du
Conseil général
d'Indre-et-Loire.
 
Adresse 

Château de Langeais, 37 130 Langeais
Tél. : 02 47 96 72 60
Fax : 02 41 96 54 44



Accès
- Sur la N 152, à 22 km à l'ouest de Tours.
- Par l'autoroute l'Aquitaine (A 10), sortie Tours-Centre ou Tours-Sainte-Radegonde (N 20), direction Saumur, sur la rive droite de la Loire.
- Par le TGV Paris-Tours, correspondance en micheline pour Langeais.
Gare SNCF à 100 mètres du château.
Le château de Langeais est une étape de la « Route de la vallée des rois ».

 
     
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  Le donjon au centre de l'architecture militaire  
Le donjon de Foulque Nerra à
Langeais sur les bords de
la Loire : un des plus anciens
de France.
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Attribut par excellence des forteresses médiévales, avec les oubliettes et le pont-levis, la tour maîtresse occupe une place de choix dans l'imaginaire moderne du château fort.
Au Moyen Âge pourtant, le terme « donjon » avait un sens plus large : il désignait, non pas exclusivement la tour principale du château, mais l'ensemble des constructions depuis lesquelles s'exerçait le pouvoir du seigneur, en particulier sa capacité à protéger le territoire relevant de sa juridiction. La tour maîtresse constituait certes la pièce centrale de ce dispositif défensif, mais pas son seul et unique élément. C'est donc à une vaste découverte de l'architecture militaire du Xe au XVsiècle qu'invite cette exposition.
Le site de Langeais en fournit le cadre idéal. À quelques dizaines de mètres du château du XVe siècle, où se tient cette manifestation, s'élèvent en effet les vestiges d'un des plus anciens édifices défensifs du Moyen Âge féodal qui nous soient parvenus, le donjon aurait été construit peu avant l'an mil, par le puissant comte d'Anjou, Foulque Nerra.

     
     
     
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  Aux origines des châteaux forts : les mottes castrales
(IXe - XIIe siècle)
 
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Broderie de la reine
Mathilde :
La construction de
la motte d'Hastings.

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L'ancêtre du château fort est une simple fortification de terre, appelée motte, bordée d'un fossé et entourée d'une palissade. Au sommet de la motte, se dresse une tour de bois de plan quadrangulaire, elle-même protégée par une ou plusieurs palissades. à la fois siège et symbole de l'autorité seigneuriale, la tour est aussi un poste d'observation et surtout l'ultime refuge en cas d'attaque. Centre de commandement à la fois politique et militaire, il est rare qu'elle ait une fonction résidentielle et le système défensif qui s'organise autour d'elle est purement passif : il repose sur la succession d'obstacles opposés à la progression des assaillants (relief naturel, enceintes, fossé, surélévation).
Il ne nous reste que peu de vestiges de ces constructions, par définition périssables. On peut cependant s'appuyer sur des témoignages archéologiques, ainsi que sur des représentations contemporaines, pour en reconstituer la disposition. C'est ce que tente de faire cette partie de l'exposition, en présentant des reproductions de la Broderie de la reine Mathilde, une maquette de la motte d'Olivet à Grimbosq (Calvados), ainsi qu'un ensemble de documents graphiques et photographiques sur les sites de la Tusque (Gironde), de Fressenneville (Somme) et de Saint-Sylvain-d'Anjou (Maine-et-Loire).
     
     
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  Le triomphe de la pierre
(Xe - XIIe siècle)
 
L'usage de la pierre, qui apparaît sans doute dans l'architecture civile et militaire au IXe siècle, mais ne se répand que très lentement au cours des siècles suivants, permettra de conjuguer les fonctions de résidence seigneuriale et de protection du pays. Progressivement, on apprend à tirer parti des avantages défensifs offerts par ce nouveau matériau et on introduit d'importants perfectionnements : renforcement et flanquement de l'enceinte, qui permettent d'améliorer la complémentarité donjon /enceinte, fortification du point le plus vulnérable de l'édifice : la porte, aménagement de tours creuses (c'est-à-dire ouvertes vers l'intérieur), apparition du crénelage ; enfin et surtout, substitution au plan quadrangulaire, hérité des anciennes tours de bois, d'un plan cylindrique, qui élimine les angles morts. Ces diverses innovations renforcent considérablement la protection. Mais la défense est encore essentiellement passive et le donjon, le plus souvent isolé au centre du système, reste cantonné dans son rôle d'ultime défense. Le lieu de dernier refuge se transforme alors souvent en piège pour les assiégés.
La forteresse langeaisienne de « Foulque Nerra » est un témoin tout à fait remarquable, par sa précocité, de ces hauts « donjons romans », dont la concentration est exceptionnelle en Touraine. Une riche documentation, puisant largement dans le patrimoine régional, fera revivre la splendeur de cette architecture et la replacera dans son contexte poliorcétique : enluminures de manuscrits du XIe et du XIIe siècle ; reproductions de sceaux et de vitraux ; maquettes du château de Loches, du donjon de Châteaudun, ensemble de documents graphiques et photographiques sur les principales fortifications de Touraine (Chinon, Le Grand-Pressigny, Semblançay), ainsi que celles de Normandie et d'Île-de-France (Etampes, Houdan, Gisors, Château-Gaillard) ; pièces d'armement.
     
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  Une défense nouvelle
(XIIIe siècle)
 
Donjon de Dourdan.
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C'est au XIIIe siècle qu'ont lieu les transformations décisives : après la chute de Château-Gaillard (1204), on comprend qu'il faut inverser la stratégie sur laquelle reposaient jusqu'alors les places fortes, et que la seule défense efficace est la contre-attaque. Philippe Auguste systématise le principe de la défense active : on multiplie les archères, on substitue les mâchicoulis aux anciens hourds de bois, on remplace les ponts amovibles par des ponts-levis, etc. Mais c'est surtout la configuration d'ensemble du château fort qui, sur son initiative ou à son exemple, se transforme radicalement : désormais l'enceinte assure l'essentiel de la défense et le donjon quitte sa position protégée pour s'y intégrer. Tour principale, il devient une pièce maîtresse du dispositif de première défense, au lieu d'être le dernier repli des assiégés.
La maquette du Louvre de Philippe Auguste, ainsi qu'un travail iconographique fondé sur des documents anciens et modernes, présentent la réforme philippienne à partir de ses exemples les plus caractéristiques (tour maîtresse de Dourdan, Château-Gaillard, refortification de Chinon). Ce volet de l'exposition montre également ce que le modèle philippien doit à l'influence des châteaux d'Orient (documents graphiques et photographiques sur le krak des Chevaliers, le château de Margat) et aux progrès de l'artillerie mécanique, en réponse auxquels il fut conçu (représentations d'époque, schémas et modèles réduits de machines de siège).
     
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  La guerre de
Cent Ans
(1337-1453)
 
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Jean Froissart,
Chroniques,
Le siège de Brest.
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La guerre multiplie le nombre des châteaux et impose de nouvelles modifications. L'accent mis sur le dispositif de première défense se voit confirmé : la tour-porte se renforce et devient parfois un châtelet indépendant ; l'enceinte s'élève à la hauteur des tours ; un chemin de ronde continu peut ainsi assurer la protection de la forteresse. La fonction résidentielle profite également de ces transformations. Elle échappe à l'ancien donjon et se concentre dans des bâtiments plus confortables, à l'abri des remparts. D'une façon générale, l'ensemble des constructions croît en hauteur et gagne en unité : le château tout entier acquiert la stature d'une imposante tour maîtresse.
Des représentations d'époque (notamment les miniatures de Jean Fouquet et des frères de Limbourg) illustrent ces progrès conjoints dans la fonction défensive et résidentielle, tandis que maquettes et iconographie moderne permettent de comprendre la logique de ces forteresses-palais (le Louvre de Charles V, Vincennes, Châteaugay, Rambures, Saumur, Mehun-sur-Yèvre).
     
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  La fin des châteaux forts
(seconde moitié
du XVe siècle)
 
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Les Très Riches Heures du
duc de Berry,
miniature du
mois de septembre :
le château de Saumur.

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L'apparition des armes à feu, et surtout les perfectionnements successifs qu'on leur apporte, transforment la guerre de siège. Dès la fin du XIVe siècle, les châteaux forts tentent de s'adapter à l'arme nouvelle : on augmente l'épaisseur des murs, on construit des tours à canons, on arase la tour maîtresse pour y installer une terrasse à feu, on adapte les embrasures (archères-canonnières, puis canonnières). Mais c'est un chant du cygne et les châteaux forts ne survivront pas à la « crise du boulet » : ils cessent d'être des forteresses, pour devenir de somptueuses résidences. Si le château-palais conserve souvent des attributs guerriers, ceux-ci n'ont plus qu'une valeur symbolique comme c'est le cas dans le nouveau château de Langeais. Les tours, notamment, deviennent un élément de décor et une affirmation de grandeur : elles ont perdu toute fonction militaire.
Pièces et documents exposés : premières armes à feu (couleuvrines, canons veuglaires, bombardes) ; enluminures de manuscrits du XVsiècle (reproductions et fac-similés) ; documents graphiques et photographiques sur les châteaux-résidences de la fin du Moyen Âge (Langeais, Saumur restructuré par René d'Anjou).
     
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  Catalogue de l'exposition et
dossier pédagogique

Pour lire la préface :
- préface.pdf
(16 Ko)
 
Un catalogue est édité pour l'occasion, il est préfacé et rédigé par Jean Favier. Une notice détaillée fait la synthèse des connaissances sur chacune des pièces présentées et une importante iconographie donne une vue d'ensemble de l'exposition.
Prix de vente : 9,15 euros

Par ailleurs, un dossier pédagogique est mis à disposition. Ce dossier, réalisé par le service des actions pédagogiques de l'Institut de France, donne des compléments d'information sur les châteaux forts, ainsi que sur la vie et la société au Moyen Âge. Destiné aux maîtres et aux élèves, mais aussi aux enfants accompagnés de leurs parents, il peut servir de document d'aide à la visite ; il permet également, de retour en classe ou chez soi, un approfondissement des thèmes abordés dans l'exposition.