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Une mission originale

Composée de gens de lettres mais aussi de représentants lettrés de différentes professions et de divers états, l’Académie avait reçu une mission dont on mesure mieux aujourd’hui la profonde originalité : constituer avec sagesse et économie une langue qui ne fût pas celle des spécialistes, des érudits, ni celle des corporations, qui eût la clarté et l’élégance qu’on accorde au latin, où ne fût pas accentué l’écart entre langue écrite et langue parlée, qui tînt enfin sa force de son double attachement à l’usage et à la norme.

Tel est le programme que s’était efforcée de réaliser l’Académie dans la première édition de son Dictionnaire (1694). Son but était d’informer sur la nature grammaticale des mots, leur orthographe, leurs significations et acceptions, leurs usages syntaxiques, leurs domaines d’emploi, le niveau de langue qui en détermine lui aussi l’emploi.

Trois siècles après la publication de cette première édition, l’Académie n’a guère varié sur les principes. Si la notion d’usage repose aujourd’hui sur des bases plus larges qu’au XVIIe siècle, le respect du bon usage s’impose plus que jamais. En cela, l’Académie est fidèle à elle-même. Le premier volume de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie (A à Enzyme) a été publié en novembre 1992 par l’Imprimerie nationale, puis aux éditions Julliard (1994). Le deuxième volume (Éocène à Mappemonde) est paru en novembre 2000 à l’Imprimerie nationale, en coédition avec les Éditions Fayard. En même temps, l’Académie fait paraître ses travaux, à mesure de leur avancement, dans les documents administratifs du Journal officiel.

L’Académie s’était réunie d’abord chez tel ou tel de ses membres ; elle fut accueillie en 1643 chez le chancelier Séguier, puis, en 1672, installée au Louvre par Colbert. Elle se transporta enfin dans l’ancien collège des Quatre-Nations à la suite du décret du 20 mars 1805, qui attribuait ce palais aux trois classes de l’Institut de France.

L’évolution de la société et celle de la République des lettres permirent à l’Académie du XIXe siècle de s’ouvrir aux représentants de genres qui n’y avaient pas encore assez trouvé leur place, comme le roman, et de réunir, outre les grands romantiques sacrés et consacrés (Chateaubriand, Lamartine, Hugo, Vigny, Musset ou Nodier), des hommes politiques et des hommes d’Église, des journalistes, des critiques et des universitaires, des dramaturges, des poètes, des historiens et des savants.
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Sceau et contre-sceau
de l’Académie française.
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